Automatisation: un travailleur sur trois a peur de perdre son travail

Automatisation: un travailleur sur trois a peur de perdre son travail

13 mai 2019

En raison de l'automatisation croissante et de la percée de l'intelligence artificielle, le marché de l'emploi va subir de profonds changements. C'est l'avis à la fois des employeurs et des travailleurs. Trois quarts des dirigeants – comparé à un quart l'année dernière – prédisent ainsi des perturbations sur le marché. Un travailleur sur trois craint également de perdre son emploi à cause de l'automatisation. C'est ce qui ressort de l'enquête «Global Talent Trends» réalisée par le cabinet de conseil Mercer auprès de 7.300 dirigeants, responsables RH et travailleurs.

Préparer le changement

Les évolutions technologiques, la guerre des talents permanente et l'émergence de nouveaux concurrents suscitent, tant chez les employeurs que chez les travailleurs, des craintes pour l'avenir. Au cours des dernières années, de nombreuses entreprises sont passées d'une position d'attente à une attitude proactive axée sur la préparation. 60% des dirigeants prévoient ainsi d'automatiser davantage le travail l'année prochaine. Dans le même temps, ils restent convaincus qu'investir dans les talents – en analysant le fossé des compétences et en adaptant les fonctions pour le combler – garantira toujours le meilleur retour sur investissement.

L'automatisation n'est toutefois pas uniquement synonyme de suppression d'emplois: elle permet également d'en créer de nouveaux. Les responsables RH qui misent dès maintenant sur le perfectionnement et le recyclage de leurs travailleurs auront une longueur d'avance sur les autres et empêcheront que se creuse un fossé de compétences.

Cela dit, ces nombreux changements provoquent de l'inquiétude chez les travailleurs qui craignent pour leur emploi. Les employeurs doivent en être davantage conscients, car ils ont une grande responsabilité: ils doivent les rassurer et leur faire sentir qu'ils sont un maillon important de l'entreprise. Ce sentiment d'être impliqué représente un catalyseur non négligeable de l'engagement des travailleurs.

Le rôle central de la GRH

En période de grands changements, il est essentiel que les employeurs suivent la situation de près. Le moral des travailleurs constitue en effet une barrière importante à l'acceptation du changement. Dans ce contexte, le rôle des professionnels RH au niveau de la conservation des talents et de la confiance est dès lors crucial. Pourtant, à peine quatre professionnels RH sur dix sont aujourd'hui impliqués dans les processus de changement dès le départ.

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