Lionel Barets, CEO de Convidencia, expert en transformation et management agile Lionel Barets, CEO de Convidencia, expert en transformation et management agile
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Lionel Barets

La salutogénèse pour améliorer la santé dans l'entreprise

1 juin 2020
La dimension liée au sens que nous donnons à notre travail devient omniprésente
En ces temps de crise, le stress frappe encore plus durement. Et si, pour réinstaller le bien-être dans votre organisation, vous choisissiez l'approche de la salutogénèse? Une approche fondée sur la compréhension, le contrôle et le sens.

En ces temps de crise, le stress frappe encore plus durement. Et si, pour réinstaller le bien-être dans votre organisation, vous choisissiez l'approche de la salutogénèse? Une approche fondée sur la compréhension, le contrôle et le sens.

Le stress a un impact colossal sur la santé des travailleurs, sur leur productivité, ainsi que sur leur bien-être général. Les différentes études réalisées sur le sujet sont plutôt alarmistes. 25% des salariés sont en hyper stress et risquent le burn-out. 54% subissent un stress régulier dans leur travail, et pour les managers nous montons à 66%. Dans ce contexte, le concept de bonheur au travail a fait son apparition en contre-réaction à ce mal-être grandissant. Cela améliore-t-il réellement la situation?

Agir en réaction crée l’extrémisme. Et aujourd’hui, nous assistons dans de nombreuses entreprises à l’émergence d’une pensée radicale du bonheur et à de nombreuses dérives. Ajouter une couche de bonheurisme dans des organisations, sans traiter les phénomènes qui sont à l’origine du stress, ne fera qu’aggraver la situation. Ce n’est pas en rajoutant du sirop dans de l’eau toxique que l’on se sent mieux en la buvant. Il faut nettoyer cette eau, pour recréer la santé dans l’entreprise, et de fait, améliorer le sentiment de bien-être. Mais, comment procéder?

Nourrir trois dimensions

Un outil simple comme la salutogénèse aide à mieux comprendre ce qui permet de créer les conditions de la santé physique et mentale. Le principe est qu’un collaborateur en bonne santé est un collaborateur qui a un minimum de stress. Et pour diminuer le stress, il faut nourrir trois dimensions: la compréhension, le contrôle, et le sens. Le collaborateur dispose-t-il d’informations suffisamment claires? A-t-il les moyens nécessaires pour agir au mieux face à une situation donnée? Son investissement en vaut-il la peine? Si ces trois besoins sont rencontrés, une situation difficile sera vécue de façon plus sereine et les changements seront plus facilement acceptés.

Aujourd’hui, les études montrent que 54% des employés pointent la mauvaise circulation de l’information comme facteur de stress. Les entreprises malmènent involontairement leurs collaborateurs en ne mettant pas assez d’énergie à assurer une bonne communication interne. Or, informer et échanger permet aux collaborateurs de faire correctement leur travail et aussi d’avoir une compréhension plus juste de ce qui se passe.

Responsabiliser, mais sereinement

Si les collaborateurs n’ont pas les moyens d’agir, ils se sentiront impuissants sans contrôle. Ce qui sera également source de stress. Avoir en charge des responsabilités mais ne pas avoir les moyens de les assumer, c’est terrible. Or, il semblerait qu’aujourd’hui encore 70% des employés soient confrontés à ce problème. Est-ce que j’ai les bonnes compétences, l’autorité pour prendre les décisions, et les outils pour travailler correctement? Ai-je des collègues efficaces et des managers soutenants autour de moi?

Le sens, toujours le sens

La dimension liée au sens que nous donnons à notre travail est quant à elle de plus en plus omniprésente. Tant que nous ne comprenons pas l’intérêt et la valeur de ce que nous faisons, il nous est impossible de nous dire que cela en vaut le coup.

Bien que le sens que l’on donne aux évènements reste très subjectif, l’organisation a un rôle à jouer pour aider les travailleurs à donner du sens à leurs actions. Et ce, en misant sur une direction d’entreprise et un management cohérent, ou encore sur une plus grande transparence au niveau des actions menées et une pertinence suffisante dans les décisions.

Pour les organisations qui veulent entreprendre d’arrêter de maltraiter leurs collaborateurs et ainsi augmenter considérablement le bien-être, pourquoi ne pas s’inspirer de la salutogénèse?

Lionel Barets, expert en transformation et management agile, est CEO de Convidencia.