1 dossier psychosocial sur 20 est lié au suicide

1 juin 2022
1 dossier psychosocial sur 20 est lié au suicide

Photo: Mart Production, via Pexels

En Belgique, cinq personnes se suicident chaque jour. Classée parmi 15 autres pays européens, la Belgique enregistre le plus grand nombre de décès par suicide, tant chez les hommes que chez les femmes. Mensura appelle les employeurs à travailler activement à la prévention du suicide. Sur l’ensemble des interventions psychosociales sur le lieu de travail en 2021, une sur vingt était liée au suicide.

Le bien-être mental est encore souvent un sujet tabou, particulièrement sur le lieu de travail. Et c’est encore plus vrai pour la prévention du suicide. «Il n’est pas facile d’aborder cette thématique avec les entreprises. Souvent, ce n’est pas une priorité ou on a tendance à nier ces problèmes», explique Kirsten O, conseillère en prévention psychosociale de Mensura. Les chiffres montrent pourtant une réalité différente. «Sur l’ensemble des dossiers sur le bien-être mental traités en 2021, 1 sur 20 était lié au suicide. Et il ne s’agit là que des cas recensés. Le nombre d’employés confrontés directement ou indirectement à des pensées suicidaires ou à des tentatives de suicide est donc encore plus élevé.»

Que faire?

Concrètement, il s’agit d’amorcer le dialogue avec les collaborateurs ayant des pensées suicidaires, ou d’accompagner les collègues lorsque l’un des leurs a mis fin à ses jours. Une politique de prévention du suicide doit aussi bien tenir compte de l’approche individuelle que de l’approche collective. Sur le plan individuel, le suicide doit faire partie des sujets qu’il est possible d’aborder en toute sécurité et en toute confiance. Les collaborateurs RH et les personnes de confiance devraient idéalement y être formés. Kirsten O: «Pouvoir aborder les sujets difficiles comme les pensées suicidaires ou savoir orienter quelqu’un vers un thérapeute, si nécessaire, sont des compétences essentielles. Plus les difficultés mentales sont identifiées et traitées de manière anticipée, plus les chances de rétablissement sont grandes.»

Quel soutien psychologique au travail?

Outre le fait de faciliter le dialogue autour du suicide et de veiller à renforcer la résilience (prévention primaire), l’instauration d’une prévention secondaire sur le lieu de travail a également toute son importance. «Aujourd’hui, les employeurs peuvent largement offrir un soutien psychosocial sur le lieu de travail. Dans le cadre des formations First Aid Mental Health, les responsables apprennent à identifier les signes précoces de difficultés mentales. Mais, ils apprennent aussi comment amorcer le dialogue et, si nécessaire, comment orienter la personne pour qu’elle bénéficie d’un accompagnement professionnel, ce qui est tout aussi important, sinon plus. Ce n’est pas un luxe quand on sait que le suicide chez les hommes représente la première cause de décès entre 14 et 54 ans.»

Comme c’est déjà le cas chez nos voisins anglo-saxons, l’Employee Assistance Program a également fait son apparition dans notre pays. Kirsten O: «Cette formule prévoit un nombre de séances payées par l’employeur auprès d’un psychologue en cas de difficultés psychiques, pour le salarié et les membres de sa famille. Cela favorise énormément le recours à une aide professionnelle et permet d’éviter des délais d’attente parfois longs. Pour les collaborateurs, la stricte confidentialité permet également d’instaurer un contexte rassurant, qu’ils ne trouvent pas forcément ou ne pensent pas pouvoir trouver suffisamment sur le lieu de travail.» ¶