6 Belges sur 10 doutent de la pérennité de leur emploi

9 décembre 2020
Texte
Francois Weerts
6 Belges sur 10 doutent de la pérennité de leur emploi

Les Belges comprennent qu’ils ne conserveront pas éternellement leur emploi actuel. Cette tendance a été accentuée par le coronavirus, comme le révèle l’enquête réalisée par Acerta et le bureau d’enquête Indiville menée auprès de plus de 2.000 collaborateurs.

Où reste le plaisir au travail?

À peine 37 % des travailleurs pensent qu’ils correspondront encore à leur travail dans 3 à 5 ans. En 2018, plus de la moitié – 58 % – étaient convaincus qu’ils resteraient en adéquation avec leur travail encore plusieurs années. Nous obtenons des résultats similaires pour l’affirmation: «Je conviendrai toujours à mon employeur actuel dans 3 à 5 ans». À peine 36% le pensent (contre 54% il y a deux ans). Plus consternant encore : seul un sur trois s’attend à prendre toujours plaisir à effectuer son travail dans les prochaines années. Et à peine trois sur dix pensent qu’ils seront aussi performants dans cinq ans qu’ils le sont actuellement. Il y a deux ans, ils étaient six sur dix.

«Les salariés reconnaissent que leur employabilité et leur satisfaction ne resteront pas au beau fixe», commente Benoît Caufriez, directeur d’Acerta Consult. «Il est logique que cette prise de conscience soit plus importante chez les collaborateurs plus jeunes. Ils ne sont en effet qu’à leurs débuts et ont une meilleure idée de l’évolution de leur carrière. Il existe toutefois une prise de conscience collective sur le fait qu’une carrière n’est pas automatiquement éternelle et lisse. Les travailleurs comprennent qu’il est nécessaire d’agir pour retrouver le même niveau de satisfaction dans leur collaboration avec un employeur dans les années à venir. Le coronavirus a accentué cette tendance, mais les travailleurs ne sont pas encore passés à l’action. Un processus de changement implique en effet plusieurs étapes, du déni à l’action en passant par l’acceptation. Nous voyons ici que nous sommes entrés dans la phase d’acceptation.»

Immobilité

Dans ce contexte difficile, les Belges ne passent que rarement à l’action. Au contraire, les chiffres de cette enquête à grande échelle menée auprès des travailleurs montrent moins d’initiatives qu’en 2018. Un sur trois réfléchit à sa carrière et tente d’exploiter ses capacités de manière optimale, mais l’avenir semble encore lointain. 30 % des collaborateurs indiquent s’autoformer. Si un projet venait à se présenter, 1 collaborateur sur 4 (25 %) se porterait candidat pour une tâche qui outrepasse sa fonction actuelle. Il s’agit là d’un meilleur résultat qu’en 2018.

À propos des chiffres

Les données sont issues de l’enquête biennale à grande échelle qu’Acerta fait réaliser par le bureau d’enquête Indiville auprès de 2072 travailleurs. Elle s’est déroulée du 1er au 21 septembre 2020.