Comment conserver la maîtrise de son travail?

9 mai 2022
Comment conserver la maîtrise de son travail?

Photo: Taryn Elliott via Pexels

Deux travailleurs sur trois estiment qu’il est important de s'épanouir au travail. Mais seulement 58% ont la possibilité de façonner les tâches, le lieu et les horaires selon leurs préférences. Cette possibilité – appelée jobcrafting en anglais – a de nombreux effets positifs. Ceux qui peuvent en bénéficier se sentent plus impliqués et concernés par le travail. À l'inverse des 10% de collègues qui ne sont pas en mesure d'adapter le travail à leur guise.

Ceux qui ont l’opportunité d’aménager leur travail sont également plus heureux (76% contre 10%) que les seconds et ressentent un meilleur équilibre entre leur travail et leur vie privée (70% contre 13%). C'est ce qui ressort d'une enquête menée pour le compte de Tempo-Team, en collaboration avec la professeure Anja Van den Broeck, experte en motivation du travail à la KULeuven.

Ouverts à ce concept de jobcrafting, 6 employeurs sur 10 permettent à leur personnel d'en négocier certains aspects. Un sur trois ajoute être attentif aux idées ou critiques des collaborateurs désireux de modifier la teneur de leur travail. Mais en pratique, 42% des travailleurs interrogés déclarent ne pas avoir la possibilité d'aligner leur emploi à leurs préférences et capacités, et reconnaissent de ce fait que leur travail n'est pas toujours optimal. 72% de ceux qui éprouvent cette incapacité déclarent que cela les empêche de s'épanouir ou de progresser dans leur entreprise et 75% reconnaissent manquer de motivation.

«Il est important que les employeurs restent ouverts au dialogue»,explique Sébastien Cosentino, porte-parole de Tempo-Team.

«En raison de la pénurie de personnel, donner aux collaborateurs des leviers pour façonner leur travail est une solution pour les fidéliser à l'entreprise, exploiter le potentiel interne de façon optimale, renforcer leur implication, améliorer leur ressenti par rapport à leur emploi et à leur entreprise. Mais attention, le jobcrafting ne signifie pas donner carte blanche au personnel. Pour l'employeur, il demeure important de définir de bons accords mutuels, car les propositions soumises par les travailleurs doivent convenir aux objectifs de l'entreprise.»

Pourquoi modeler son travail?

Plus de 7 travailleurs sur 10 déclarent se fixer des objectifs clairs quant à la teneur et la méthode de leur travail, parce que c'est essentiel pour que ce dernier demeure intéressant. Pour y parvenir concrètement, 6 salariés ou fonctionnaires sur 10 ont déjà négocié avec leur employeur certaines facettes de leur travail. Parmi les adaptations les plus fréquentes:

• adapter les vacances aux besoins individuels (38%),

• se perfectionner ou assumer des responsabilités supplémentaires (36 %),

• personnaliser son lieu de travail selon ses goûts (58%).

Et quelles sont les motivations?

• Améliorer les performances (60%),

• se sentir mieux dans sa peau (59%),

• avoir un travail à leur mesure (57%) ou selon ce qu'ils estiment important (55 %).

On remarque d'ailleurs que les fonctionnaires ont un peu plus tendance à prendre leur travail en main que les ouvriers ou les employés (respectivement 64%, 57% et 55%).

«Pour les travailleurs, remodeler le travail est la façon idéale d'en corriger les aspects ou tâches qui leur conviennent moins», conclut Anja Van den Broeck. «Réaligner le travail selon ses besoins crée une énergie positive, diminue le risque de burn-out et de bore-out. Il s'agit souvent de changements mineurs, mais dont l'impact est considérable sur l'impression de bonheur ressenti. D'ailleurs, le travail hybride et l'appui des technologies nouvelles requièrent de plus en plus le jobcrafting

Enquête menée en ligne au quatrième trimestre 2021 auprès d'un échantillon représentatif de 2.500 employés et fonctionnaires et de 250 employeurs en Belgique (marge d'erreur maximale de 1,83 % chez les travailleurs et de 6,7 % chez les employeurs).