Comment gérer le travail asynchrone?

8 juillet 2021
Comment gérer le travail asynchrone?

Le télétravail n'est plus obligatoire depuis le 1er juillet 2021, même s’il reste conseillé. On peut parier qu'il continuera à faire partie de nos vies professionnelles, et ce pour longtemps encore. Mais cette solution est-elle soutenable? La professeure Elke Van Hoof (VUB) voit dans la communication asynchrone la clé d'une nouvelle méthode de travail.

En raison du télétravail, un nombre croissant de collègues travaillent à des moments différents. Ils débutent ou terminent leur journée de travail un peu plus tôt ou plus tard, afin de pouvoir aller chercher les enfants à l'école ou de faire du sport. Ce qui entraîne une diminution des heures de communication en temps réel entre collègues.

Le travail asynchrone n'est pas neuf. Vous avez peut-être déjà travaillé avec des clients ou collègues dans un autre fuseau horaire ou vous vérifiez votre messagerie le soir, lorsque personne d’autre n’est en ligne. Par ailleurs, le télétravail n’est pas automatiquement asynchrone. Lorsque vos supérieurs exigent que vous soyez en ligne de 9 h à 17 h, vous travaillez de manière synchrone. «Mais dans le cadre du télétravail, nous évoluons plus souvent à notre propre rythme, nous choisissons nos horaires et répondons aux e-mails et aux messages au moment qui nous convient le mieux», explique la professeure Elke Van Hoofd. «En d’autres termes, nous travaillons de manière asynchrone.» Ce qui pourrait bien modifier définitivement notre journée de travail.

«On ne peut pas se lancer subitement dans le travail asynchrone», continue Elke Van Hoof. «C’est une évolution que l’employeur doit mettre en œuvre en collaboration avec ses salariés. De nombreux outils utiles sont déjà disponibles afin de collaborer en direct à distance, tout en travaillant efficacement de manière asynchrone. L’étape suivante consiste non seulement à ce que les travailleurs travaillent à domicile, mais aussi avec plus de flexibilité en termes de méthode de travail et de répartition du temps.»

Les maîtres mots: confiance et communication

Pour l’employeur, le travail asynchrone signifie qu’il faut passer des accords clairs. Il doit communiquer clairement et sereinement sa vision et les attentes qu’il a vis-à-vis de ses collaborateurs. Il précise quand ils doivent être joignables et disponibles et témoigne de sa confiance à leur égard. «La confiance occupe une place centrale, c’est le ciment qui assure la cohésion de tous les aspects du télétravail», insiste la professeure de la VUB. «Il convient également de prêter attention aux besoins particuliers des télétravailleurs qui, d’une manière générale, doivent se sentir soutenus. Montrez votre implication et soyez empathique et positif.»

«Une fois que l'entreprise a atteint une forme poussée de travail asynchrone, différents avantages se manifestent», promet Elke Van Hoof. «Vous avez besoin de moins de coordination et les managers pourront réduire le micromanagement. Ils ne suivent plus le travail en soi, mais les résultats, le comportement et les attitudes. Pour l’employeur, les résultats et le délai dans lequel ils les enregistrent occupent une place centrale.»

Comment s'adapter au travail asynchrone?

Pour le travailleur, le télétravail présente à la fois des avantages et des inconvénients: il bénéficie d'une plus grande liberté mais se sent en même temps plus isolé. Il devient également plus important qu'il sache en quoi consiste son travail. Il doit connaître sa valeur ajoutée. Pour éviter que la frontière entre travail et vie privée ne devienne trop floue, il convient de structurer son programme de travail. Cela peut se faire de plusieurs manières:

• par une segmentation physique, en aménageant un espace de travail spécifique ou en s’isolant,

• par une segmentation rituelle, par exemple en rangeant toujours son ordinateur portable,

• par une segmentation temporelle, en délimitant correctement le temps dédié au travail et à la vie privée.

Elke Van Hoof est psychologue clinique, spécialisée dans le stress, l'épuisement professionnel et le traumatisme. Elle enseigne la psychologie médicale, la santé et des interventions psychologiques cliniques à la Vrije Universiteit Brussel et est professeure invitée à la Vlerick Business School.