Compte formation individuel: beaucoup d'espoirs

24 novembre 2020
Texte
Francois Weerts
Compte formation individuel: beaucoup d'espoirs

Le gouvernement fédéral veut imaginer un compte de formation individuel qui permettrait aux Belges travaillant à temps plein d’avoir droit, à terme, à cinq jours de formation par an en moyenne. Selon Acerta et sur base d’un sondage mené auprès de 2.000 Belges actifs, le potentiel de ce projet est énorme. Six travailleurs sur dix dans notre pays sont autorisés par leur employeur à suivre des formations en lien avec leur fonction actuelle. Et un quart (24%) des Belges actifs financent eux-mêmes ces formations. «Il est important de créer un système permettant à tous les Belges de bénéficier d’une formation continue sur le lieu de travail ou à domicile tout en respectant les mesures de lutte contre le coronavirus», estime l'entreprise de services RH.

L’accord gouvernemental du gouvernement fédéral belge fait à nouveau mention d’un compte de formation individuel. Les travailleurs auront en moyenne droit à cinq jours de formation par an, sauf s’ils travaillent dans une petite entreprise. L’approche est particulièrement positive: il s’agit d’une rétribution pour les employeurs qui encouragent les formations et proposent à leurs travailleurs de suivre plus d’heures de formation que les heures annuelles règlementaires.

Fort potentiel

Selon un sondage d’Acerta auprès des travailleurs belges, le potentiel de ce projet de compte formation individuel est grand.

• Seulement six travailleurs sur dix (61%) dans notre pays ont pu suivre une formation en lien avec leur fonction actuelle cette année.

• Plus la formation s’éloigne de la fonction du travailleur ou de l’entreprise, plus l’accès en est réduit. 46 % des travailleurs ont eu l’occasion de suivre une formation liée à une autre fonction que la leur au sein de l’entreprise tandis que 27 % ont eu accès à des formations qui ne sont ni liées à leur fonction ni à l’entreprise.

1 travailleur sur 4 finance lui-même ses formations

Encore plus frappant: un quart des Belges (24%) financent eux-mêmes leurs formations. Un travailleur sur cinq indique également qu’il souhaite utiliser son plan cafétéria pour financer des formations. Les Belges qui ont soif d’apprentissage aimeraient toutefois recevoir quelque chose en échange: 70% des travailleurs interrogés aimeraient que leurs efforts de formation soient récompensés par leur employeur.

«Reste à savoir quelle sera l’influence du coronavirus sur le désir de formation des travailleurs», signale Benoît Caufriez, directeur d'Acerta Consult. «Nous savons que de nombreuses personnes veulent se former, car elles savent que le coronavirus peut mettre leur emploi en péril. Certaines formations se donneront probablement de nouveau en présentiel l’année prochaine. Les télétravailleurs peuvent également suivre leurs formations derrière leur écran d’ordinateur, grâce à des webinaires ou à des présentations en ligne. Dans le cadre de la formation continue, un travailleur peut également aller travailler ailleurs temporairement pour gagner en expérience dans un autre environnement.»

À propos des chiffres

Les données sont issues de l’enquête biennale à grande échelle qu’Acerta fait réaliser par le bureau d’enquête Indiville auprès de 2.072 travailleurs.