Deux entreprises sur trois n'ont pas encore précisé leur politique de télétravail

18 novembre 2021
Deux entreprises sur trois n'ont pas encore précisé leur politique de télétravail

Le télétravail obligatoire et les mesures sanitaires strictes ont considérablement modifié l'organisation du travail. Cette transformation réclame de nouveaux accords ainsi qu'une adaptation de la politique et de l'encadrement du travail. Or c'est justement ce qui fait défaut à une majorité d'entreprises et d'institutions en Belgique. C'est le résultat d'une étude menée pour le compte de Tempo-Team avec la professeure Anja Van den Broeck (KU Leuven).

Le mode organisationnel de nombreuses entreprises a été totalement bouleversé depuis le printemps 2020. Chez plus d'un fonctionnaire ou d'un employé sur quatre (27%), le lieu du travail n'est plus du tout le même. Cela n'est le cas que pour 16% des ouvriers: rien d'étonnant, puisque la plupart d'entre eux ont continué à exercer leurs tâches sur place pendant la crise sanitaire.

Pas assez d'attention accordée au travail hybride

Le travail hybride est l’un des aspects importants, sinon le plus important, qui affecte les employés et les fonctionnaires dans leur organisation du travail depuis l'épidémie de Covid-19. Le nombre de collaborateurs qui, depuis la fin du confinement, travaillent en alternance à domicile et en entreprise a quasiment doublé, pour passer de 11% à 21% entre le début de la pandémie et aujourd'hui. Et ce taux pourrait encore doubler et atteindre 40% si davantage d'employeurs étaient favorables au travail hybride.

Un contrôle parfois plus sévère

D'après l'étude menée pour le compte de Tempo-Team, les employeurs n'investissent guère, sinon pas du tout, dans le travail hybride.

• Un sur cinq refuse totalement le télétravail (21%).

• 16% des fonctionnaires et employés ressentent une pression de leur supérieur hiérarchique pour venir travailler au bureau.

• Un collaborateur sur quatre (23%) considère son dirigeant comme un chef qui vérifie tout. Étonnamment, 29% des mêmes dirigeants sont d'accord avec cette affirmation. 11% reconnaissent même contrôler davantage le travail de leurs collaborateurs qu'avant la crise sanitaire.

«L'impact du travail hybride sur le fonctionnement optimal des travailleurs est pourtant considérable», assure Sébastien Cosentino, porte-parole de Tempo-Team. «En matière d'optimisme, d'équilibre entre travail et vie privée, de motivation, de teneur des tâches et du bonheur ressenti, ceux qui travaillent en alternance à domicile et en entreprise enregistrent des scores significativement meilleurs que ceux qui sont obligés de venir chaque jour au bureau. Ils ressentent plus souvent le soutien de leur entreprise, sont plus satisfaits et plus productifs.»

La liberté, pas toujours synonyme de satisfaction

Mais pour que le travail soit vraiment efficace, la méthode hybride doit être bien encadrée, par le biais d'accords précis et d'une gestion adéquate du personnel. Les collaborateurs doivent faire correspondre l'alternance entre travail à domicile et en entreprise avec les besoins professionnels, la hiérarchie et les collègues. Et cela est encore trop sous-estimé.

Ainsi, un collaborateur sur quatre (26%) choisit lui-même ses jours de télétravail, alors que seulement 4% des employeurs y voient une méthode idéale. L'aspect positif, c'est qu'un quart des travailleurs (24% pour être précis) se concertent avec leurs collègues pour déterminer qui pratique le télétravail et à quelle date. La professeure Van den Broeck le confirme: cette étude montre que les collaborateurs sont plus performants lorsqu'ils ont fixé entre eux de tels accords.

Politiques disparates

La façon dont les entreprises organisent le télétravail est très disparate.

• Dans un cas sur trois (32%), les collaborateurs établissent des accords individuels avec leurs dirigeants, qui autorisent ou non le télétravail.

• Presque autant d'entreprises (29%) précisent les règles en équipe.

• 22% ont adopté une politique de télétravail formelle dans une charte spécifique.

Cela implique qu'il n'y a aucune politique de télétravail digne de ce nom chez une majorité d'employeurs. À tort, estime cette étude. Les employés et les fonctionnaires pensent que leurs dirigeants doivent vraiment faire attention à leurs besoins en matière de télétravail et garantir un bon encadrement (20% des cas).

Enquête en ligne menée auprès d'un échantillon représentatif de 2.589 travailleurs et 505 employeurs en Belgique, choisis en fonction de leurs régime linguistique, sexe et âge. La marge d'erreur maximale est de 1,93% chez les travailleurs et 4,35% chez les employeurs. L'enquête a été menée pour le compte de Tempo-Team au troisième trimestre 2021 par un bureau d'études indépendant en collaboration avec la professeure Anja Van den Broeck, experte en motivation du travail à la KU Leuven.