Et vous, avez-vous une politique intégrée contre l'absentéisme?

9 décembre 2021
Et vous, avez-vous une politique intégrée contre l'absentéisme?

Une enquête réalisée par Mensura et Certimed auprès de plus de 500 employeurs montre que huit d'entre eux sur dix sont conscients que la politique de l'organisation a un impact sur l'absentéisme des salariés. Toutefois, cette prise de conscience ne se traduit pas nécessairement dans la pratique. Quatre organisations sur dix gèrent l'absentéisme de manière purement administrative. Aucune politique n'a été élaborée et les chiffres de l'absentéisme ne sont pas suivis.

«La santé mentale de nombreux travailleurs est actuellement sous pression», souligne Bart Teuwen, spécialiste de l’absentéisme du groupe Mensura. «Il suffit de penser à ceux qui travaillent dans le secteur des soins ou à domicile. Si aucune attention structurelle n’est portée à cette question dans le cadre d'une culture et d'une politique, le risque de rater des signaux et un décrochage potentiel grimpe en flèche.»

Procédures et dispositions

Un peu moins de 30 % d'entre eux indiquent qu'il existe des dispositions et des procédures claires en matière d’absentéisme et que le respect de ces procédures par tous fait l’objet d'un suivi. Par ailleurs, près d'une organisation sur trois (30 %) applique une politique en matière d'employabilité, laquelle est plus ou moins coordonnée avec la politique de bien-être, voire intégrée à celle-ci. Une attention structurelle est portée aux actions préventives et réactives, au rapport entre la charge de travail et la capacité à l’assumer et à la réinsertion des malades de longue durée.

«Une politique d'absentéisme claire, adaptée à l'organisation, a une incidence importante et positive sur les absences et la réintégration des collaborateurs», indique Bart Teuwen. «En plus de procédures et de dispositions précises en matière d'absentéisme, un dialogue professionnel chaleureux est indispensable à une politique d'absentéisme positive. Ce faisant, le manager et le salarié chercheront activement et en concertation des solutions permettant à ce dernier de rester (partiellement) employable.»

Les chiffres de l'absentéisme, souvent drapés de mystère

Le suivi structurel des chiffres de l'absentéisme est un facteur essentiel pour le réduire. Toutefois, près du quart des employeurs affirment ne pas le faire. Ils indiquent, parmi les principales raisons, ne pas en voir l'utilité ou tout simplement ne pas disposer des bons outils. 44 % des organisations examinent les chiffres des absences, mais ne parviennent pas à le faire de manière régulière ou structurée.

«Ces organisations naviguent à l'aveugle», regrette Bart Teuwen. «Les chiffres de l'absentéisme fournissent des informations importantes, non pas pour surveiller et réprimander un collègue absent, mais pour détecter et prévenir tout problème ou difficulté à un stade précoce. Lorsqu'un collaborateur a plusieurs absences de courte durée, c'est souvent le signe avant-coureur d'un problème plus grave. Par exemple un burn-out ou d'autres failles mentales. En les détectant à temps, on peut éviter les défaillances de longue durée.»