Être capable de s'adapter: une qualité décisive

21 janvier 2021
Texte
Francois Weerts
Être capable de s'adapter: une qualité décisive

On connaissait le quotient intellectuel (QI), le quotient émotionnel (QE). Voici le quotient d’adaptabilité (QA). À une période où le changement est un mot-clé absolu, les responsables de recrutement attachent de plus en plus d’importance à cette capacité d'adaptation. C'est ce qui ressort d'une enquête menée par Robert Half. Alors que le quotient intellectuel reste le paramètre qui préoccupe le plus les managers belges (41%), le QA vient en deuxième position (32%), suivi du quotient émotionnel (QE) avec 27%. «Il existe une caractéristique qui restera constante sur le marché du travail: le changement. La capacité à y faire face sera donc cruciale», assure Joël Poilvache, directeur de Robert Half.

De plus en plus nécessaire

Le quotient d'adaptabilité est la capacité à faire face au changement et est mesuré par la vitesse à laquelle un employé peut se réorienter et réussir ce qu’il entreprend dans un climat de changement rapide et constant. Il s'agit en fait d'être flexible. Le changement se définit, par exemple, par l'innovation technologique, l'incertitude économique ou des changements structurels imprévus au sein d'une entreprise en raison, par exemple, de la crise liée à la COVID-19. Il s'agit donc d'un changement qui a lieu à la fois en interne et en externe.

Sur les 300 cadres belges interrogés par Robert Half, 87% considèrent qu'un QA élevé est important chez les employés dans le climat que nous connaissons actuellement.

«L'adaptabilité n'est pas une qualité nouvelle mais au cours de la dernière décennie, les changements sociaux ont rendu cette capacité de plus en plus nécessaire. La quatrième révolution industrielle a obligé les entreprises à aller plus vite, à augmenter le rythme», continue Joël Poilvache.

Le QI, le score qui reflète le niveau de capacité mentale/intellectuelle d'une personne, est toujours en haut de la liste des qualités que les managers recherchent chez leurs employés (41%). Pour beaucoup d'entre eux, il était suivi par le QE, la capacité à percevoir consciemment, à contrôler et à exprimer efficacement des émotions. Cependant, ce dernier perd du terrain (27%) par rapport aux années précédentes en raison de l'importance croissante du QA (32%).

Selon le secteur et la fonction, l'importance d'une bonne adaptabilité peut varier. Dans les fonctions liées à l’informatique, par exemple, le QA est très apprécié car il joue un rôle de premier plan dans un climat de numérisation et a un impact sur tous les services d'une entreprise. Un professionnel de l'informatique qui possède également les compétences nécessaires pour signaler et transférer des informations à d'autres services constitue une grande valeur ajoutée.

Pour les profils financiers également, l'importance du QA ne doit pas être sous-estimée. S'ils peuvent également visualiser les données qu'ils fournissent et les communiquer à leurs équipes, les professionnels de la finance peuvent grandement accroître leur efficacité.

La crise du coronavirus comme catalyseur du QA

La crise du coronavirus a rendu le besoin de flexibilité très concret. Par exemple, le travail à domicile et les réunions par visioconférence du jour au lendemain ont pris une grande place dans notre vie quotidienne. Lorsque le changement est aussi radical et soudain, une bonne capacité d'adaptation est indispensable pour pouvoir tenir les rênes fermement.

65% des personnes interrogées considèrent d’ailleurs que le QA est plus important ou tout aussi important aujourd’hui qu’avant la période de covid-19. La mesure du quotient d’adaptabilité d'un candidat devient donc une part de plus en plus importante dans le processus de recrutement. En raison du rattrapage de ce dernier, le QI, le QA et le QE sont presque tous au même niveau d’importance. Les recruteurs se penchent donc de plus en plus sur la situation globale d'un candidat et prennent en compte autant le QI que le QE et que le QA.

Double tranchant

Les employeurs qui attendent des travailleurs d’être capables de s’adapter doivent, à leur tour, être ouverts à l'adaptation. En effet, les entreprises doivent fournir un cadre dans lequel les travailleurs ont l'espace et les possibilités d'être flexibles. Les employeurs peuvent stimuler l'adaptabilité de leurs employés, par exemple en modifiant de temps à autre le contenu de leur travail, en réorganisant la composition des équipes de temps en temps et en expérimentant de nouveaux logiciels pour atteindre certains objectifs. De cette façon, les deux parties peuvent créer ensemble un environnement de travail agile qui peut résister au changement.

Au sujet de l’étude

En juillet 2020, Robert Half a commandé une enquête auprès de 1 502 répondants via la collecte de données en ligne, comprenant 300 entretiens en Belgique, 300 au Brésil, 301 en France, 300 en Allemagne et 301 au Royaume-Uni. Parmi les personnes interrogées figuraient des General Managers, des Chief Financial Officers (CFO) et des Chief Information Officers (CIO) qui ont la responsabilité du recrutement pour de petites (50-249 travailleurs), moyennes (250-499 travailleurs) et grandes (plus de 500 travailleurs) entreprises privées, cotées et publiques dans les cinq pays.