Fit note: vers une consultation numérique entre le généraliste et le médecin du travail?

21 octobre 2021
Fit note: vers une consultation numérique entre le généraliste et le médecin du travail?

Le gouvernement fédéral a décidé de faire mentionner sur les certificats médicaux des malades de longue durée quelles sont les possibilités de retour au travail du patient dans un cadre adapté. Pour que les recommandations soient optimales, il faut prévoir une concertation entre médecin généraliste et médecin du travail, estiment Mensura et l'Absym (l’association de médecins généralistes). «Une plateforme digitale permettrait de rendre cette concertation efficace et réalisable sur le plan administratif.»

Ces dernières semaines, on a beaucoup parlé d’une fit note en remplacement du certificat médical classique pour les maladies de longue durée. Cette fit note, un certificat d’aptitude en quelque sorte, ne repose pas uniquement sur le constat de la maladie et du handicap, mais détermine aussi si le patient est néanmoins ou déjà en mesure d’effectuer certaines formes de travail. «C’est une bonne chose pour toutes les parties», affirme Gilbert Bejjani de l'Absym. «Nous ne devons pas réduire les malades de longue durée à leur seule maladie ou condition médicale. Ceux qui restent en mesure d’exercer une certaine activité éprouveront un effet positif à le faire.»

Le rôle du médecin du travail

Aux yeux de l’Absym et de Mensura cependant, confier au médecin généraliste la tâche pratique de formuler les recommandations en vue d’un travail adapté n’est sans doute pas la solution la plus indiquée. «Le professionnel le mieux placé pour juger des possibilités de travail d’une personne souffrant d’une maladie de longue durée, c’est le médecin du travail», précise Gretel Schrijvers, directrice générale de Mensura. «Il est le mieux informé du lieu de travail et des risques qui y sont liés, et donc en position de faire l’évaluation la plus judicieuse. En ce sens, il est indispensable qu’il y ait une concertation entre le médecin généraliste et le médecin du travail pour un avis éclairé quant aux modalités d’une reprise du travail.»

Une plateforme de consultation numérique

Mais tant l'Absym que Mensura insistent qu’il ne faudrait pas qu’une telle concertation se traduise par une charge administrative supplémentaire. «Les médecins généralistes comme les médecins du travail sont déjà débordés», prévient Gilbert Bejjani. «Sans échange rapide et aisé des informations entre les uns et les autres, on risquerait de retarder la réintégration au lieu de la favoriser – ce qui n’est évidemment pas le résultat souhaité de la mesure.»

C’est pourquoi Mensura et l’Absym appellent les autorités à mettre en place une plateforme de concertation numérique. «On a peine à imaginer qu’en 2021, les médecins impliqués dans le processus de retour au travail soient dépourvus d’un outil d’échange d’informations digne de ce nom, mais c’est pourtant le cas. En tant que médecins du travail, nous n’avons même pas un accès automatique au dossier médical des malades de longue durée», ajoute Gretel Schrijvers. «C’est un manque qu’il faut combler. Un outil moderne d’information et de concertation, auquel le médecin-conseil de la mutualité aurait accès lui aussi, constituerait un important pas en avant dans la lutte contre les maladies de longue durée.»