HR Tech Warming-Up Event: «Comment réussir la révolution des compétences?»

10 février 2021
Texte
Melanie De Vrieze
HR Tech Warming-Up Event: «Comment réussir la révolution des compétences?»

Au cours de son intervention lors de notre événement HRTECH.be, Raya Bidshahri, fondatrice et CEO d'Awecademy, s'est intéressée au fossé qui se creuse entre les compétences des travailleurs et celles qu'ils devront acquérir. Cette reskilling revolution, comme elle le dit, s'explique pour trois raisons.

1 Plus de travailleurs à distance

Le travail à distance a fortement augmenté. La pandémie n'a fait qu'accélérer le mouvement. Les barrières physiques, sociales et géographiques s'estompent. Et les compétences que l'on demande aux travailleurs ont changé. Il suffit de songer aux aptitudes en communication qu'il faut mettre en œuvre pendant les réunions vidéo, au leadership et à la gestion du changement dans des équipes à distance.

2 Automatisation technologique

Les machines prennent en charge de plus en plus de tâches qui étaient autrefois assumées par l'être humain. Un salarié européen sur dix risque de perdre son emploi parce que ses compétences sont devenues obsolètes à cause de l'automatisation. Une évolution qui ne s'arrête pas aux emplois peu rémunérés mais qui touche aussi les jobs bien payés.

3 Croissance exponentielle

La technologie progresse à un rythme exponentiel. Dans le domaine de l'intelligence artificielle, de l'impression en 3D et de la robotique, c'est la loi du rendement accéléré de Ray Kurzweil qui est vigueur. Dans les cent prochaines années, nous connaîtrons une évolution de l'être humain équivalente à celle qui s'est produite en 20.000 ans. Cette disruption technologique va transformer le marché de l'emploi à une vitesse inconnue jusqu'alors.

Les meilleures pratiques de l'enseignement

Pour donner aux travailleurs de nouvelles compétences, pour les recycler, Raja Bidshahri s'appuie sur quelques meilleures pratiques tirées de l'enseignement. L'une d'entre elles est l'evidence based education. «Ici, l'enseignement est considéré comme une science. Des mesures objectives sont réalisées pour déterminer les stratégies qui fonctionnent le mieux. Ce n'est pas l'expérience de l'apprenant qui compte mais le produit de la formation.»

Elle place aussi beaucoup d'espoir dans l'apprentissage par modules. «Dans un monde qui évolue à toute vitesse, des études qui durent quatre ans sont de plus en plus considérées comme non pertinentes et vite datées», pense-t-elle. «Nous avons besoin aujourd'hui d'apprendre en petits blocs prêts à l'emploi. On se forme quand on en a besoin, à la demande. Et au lieu d'un examen à la fin de l'année, on bénéficie d'une évaluation continue.»

Les entreprises peuvent aussi s'inspirer de l'apprentissage basé sur les compétences (competence based learning). Raja Bidshahri constate que de trop nombreuses organisations continuent à opérer dans des structures rigides. Ainsi, les salariés ne peuvent suivre certaines formations qu'à partir d'un âge déterminé. «Mais pourquoi ne pas examiner si le collaborateur possède déjà l'expérience et les compétences nécessaires? Quelqu'un qui n'a pas trente ans pourrait alors suivre une formation dès qu'il dispose de l'expertise indispensable.»

Les défis, ça motive

L'une de ses techniques préférées est la formation basée sur le challenge (challenge based learning). Il s'agit d'un programme qui est guidé par des défis à relever dans la vie réelle. «La raison d'être de la formation devient très claire. Les apprenants sont beaucoup plus motivés parce qu'ils voient très vite l'impact de ce qu'ils ont appris.»

Enfin, elle voit croître l'importance de certaines compétences qui ne s'acquièrent pas nécessairement par les diplômes. «Utiliser des big data, réfléchir de façon analytique, être créatif, développer son émotion intelligente… Les entreprises ne doivent pas réfléchir uniquement en termes de contenu des formations mais aussi aux aptitudes qui seront nécessaires demain.»

ID

Raya Bidshahri

Fonction

Fondatrice et CEO d'Awecademy