L'après-covid: pour un nouveau contrat social

9 décembre 2020
Texte
Francois Weerts
L'après-covid: pour un nouveau contrat social

Après Travailler pour Soi qui abordait la montée de l’individualisme au travail et Travail, la soif de liberté qui prônait pour plus d’autonomie et de liberté dans le travail, Denis Pennel publie un troisième ouvrage, Le paradis du consommateur est devenu l’enfer du travailleur, qui se focalise sur le passage d’une économie de masse à une économie dictée par la demande.

«Depuis les années 2000, on assiste à une soif de consommation effrénée et immédiate, où l’on ne paye que ce que l’on consomme, où l’usage prévaut sur la propriété, avec des produits personnalisés, fabriqués à la demande et qui se déplacent jusqu’aux consommateurs», explique celui qui est aussi directeur de la World Employment Confederation.

«Cette nouvelle ère, dans laquelle le consommateur est devenu roi, impose aux entreprises de se réorganiser pour devenir plus agiles, et ce au détriment des travailleurs. Une société de surabondance, caractérisée par le gaspillage des ressources, une hausse des inégalités, et une course folle vers le toujours plus.» Avec, comme conséquences, une recherche effrénée de réduction des coûts, dont les travailleurs ont été les premières victimes, à travers une baisse des salaires réels et une insécurisation croissante de la relation de travail.

Un dogme condamné?

Mais, comme le souligne l'auteur, la crise du Covid-19 a exacerbé le fait que notre dogme productiviste, fondé sur quatre logiques – extraire, produire, consommer, jeter – ne pouvait plus durer. Il se demande alors comment repenser notre système capitaliste pour qu’il devienne plus inclusif et équitable, et que chacun trouve sa part et sa juste place? «Quel rôle tient l’État dans ce nouveau paradigme, notamment en ce qui concerne la refonte de nos systèmes de protection sociale?» Ce sont quelques-unes des questions que pose Denis Pennel.

Que propose-t-il? «Face à ces problématiques, je recommande la nécessité de nouer un nouveau contrat social: consommer moins mais mieux, recréer du lien et du dialogue entre les citoyens, combattre la marchandisation du travail, mettre en place un capitalisme au service de l’humain. Il s’agit de mettre en place un nouveau contrat social afin de l’adapter aux réalités du XXIe siècle: le tiercé gagnant passera par la modernisation de notre système de protection sociale (afin de garantir une juste redistribution), un regain de pouvoir de négociation des travailleurs à travers de nouveaux canaux (pour assurer des conditions de travail décentes) et la refonte de notre système éducatif (pour redonner toute son efficacité à l’ascenseur social).»

Le paradis du consommateur est devenu l’enfer du travailleur

Quand l’essor de l’économie à la demande bouleverse notre modèle capitaliste

Par Denis Pennel

Éditions du Panthéon – Parution le 18 décembre 2020