La diversité, un atout dans la guerre des talents

5 juillet 2021

Les entreprises s'intéressent de plus en plus à la diversité et à l'inclusion. Elles ont compris qu'en prenant cette direction, elles sont en mesure d'étendre leur groupe-cible de candidats. En même temps, elles manquent d'expertise et de créativité. «Notre volonté est de soutenir les employeurs dans leur politique de diversité.»

Texte: Gert Verlinden / Photo: Actiris

Les consultants des équipes de Cathy Van Remoortere d'Actiris Inclusive soutiennent les plans de diversité des employeurs bruxellois des secteurs public et privé. L'ambition, et les subventions qui y sont liées, varie par type de plan, mais l'objectif final reste le même: évoluer vers un environnement professionnel inclusif qui offre des emplois durables.

Qu'est-ce que cela signifie pour les recruteurs? Ils peuvent participer à des groupes de travail chargés de la diversité pour réfléchir à leur politique de recrutement et de sélection, à la communication interne et au positionnement de leur employeur dans ce domaine. «Nous discutons par exemple des pratiques de recrutement comme des jurys mixtes ou les CV anonymes», continue Cathy Van Remoortere. «Ou alors, nous analysons d'un œil critique les compétences souhaitées et nous étudions les programmes d'accueil et de développement.»

L'effet halo

Les points d'action classiques dans les plans concernent les textes des annonces qui reprennent des stéréotypes. Ou qui prévoient une sélection sur la base de caractéristiques communes comme la langue et les valeurs. L'effet halo fonctionne aussi: on cherche la confirmation de l'impression qu'a donnée le candidat pendant les premières minutes de l'entretien. D'un autre côté, les normes sociales évoluent toujours plus vite. «Les recruteurs cherchent le candidat parfait alors que la perfection est une utopie. Un conseil: créez le contexte dans lequel le candidat osera montrer sa motivation et explorez son potentiel.»

Actiris collecte et analyse des données pour lancer une analyse des effets des plans de diversité avec une haute école. Dans la Région de Bruxelles-Capitale, cela concerne 217 entreprises et 26 institutions publiques. «Les organisations touchent désormais des candidats avec lesquels elles n'entraient pas en contact. Leur plan les soutient dans l'attraction de nouveaux talents.»

Quotas?

Ce genre de plans contient des chiffres cibles dans les domaines de la diversité et de la politique d'embauche. «Cela dépasse le stade des intentions, même si les organisations concernées refusent de parler de quotas. Les objectifs expriment l'ambition d'un employeur: ils disent où il veut en être dans quelques années. La prise de conscience grandit chez les recruteurs.»

Les entreprises dont le plan de diversité reçoit une évaluation positive obtiennent le Label de Diversité. Il récompense leurs investissements pendant deux ans dans leur plan. «C'est un instrument puissant pour la marque d'employeur. Les entreprises aiment faire savoir qu'elles prennent leurs responsabilités sociétales.»

Mystery calls

Selon Cathy Van Remoortere, la discrimination à l'embauche à Bruxelles est un problème structurel sous-évalué. Actiris Inclusive, qui offre aussi une aide à des demandeurs d'emploi victimes de discrimination, a reçu 215 signalements en 2020. La Région de Bruxelles-Capitale dispose d'un cadre législatif qui permet d'effectuer des tests concrets. L'envoi de CV anonymes et les mystery calls sont organisés par l'inspection du travail régionale. «Les candidats sont peu enclins à renseigner une discrimination éventuelle», conclut Cathy Van Remoortere. ¶

ID

Cathy Van Remoortere

Fonction

Directrice du marché du travail et de l'inclusion d'Actiris