Le piège de la cage dorée

1 mars 2022
Le piège de la cage dorée

Plus d'un travailleur sur trois estime être comme dans une cage dorée au sein de son organisation. Il ne ressent guère de motivation, d'engagement, ni d'implication pour son travail, mais n'ose pas entreprendre de démarches pour en trouver un autre.

Une étude menée pour Tempo-Team en collaboration avec la professeure Anja Van den Broeck (KU Leuven) montre que ce manque de mobilité professionnelle a un impact négatif sur le fonctionnement optimal de la GRH. D'après cette étude, le remède pour s'assurer d'un engagement à long terme consiste à renforcer l'implication affective des travailleurs.

En raison de la pénurie de candidats, il est plus que jamais devenu essentiel d'exploiter de façon optimale tous les talents disponibles au sein de l'entreprise et de libérer ceux qui se sentiraient dans cette cage dorée en leur offrant de nouvelles perspectives. Quatre travailleurs sur dix estiment en effet être boulonnés à leur poste actuel parce qu'ils ne décèlent guère d'autres opportunités et craignent des problèmes en cas de départ. 64% des répondants reconnaissent que changer d'employeur génère trop d'incertitudes; pour 43%, la fidélité ressentie envers leur patron explique une bonne partie de leur passivité.

La solution: la motivation et l'engagement

À l'opposé des travailleurs qui ont l'impression d'être piégés dans une cage dorée se trouvent leurs collègues qui s'avèrent très efficaces et performants.

• Ils se sentent bien plus motivés (87% contre 27%),

• plus heureux (94% contre 29%),

• plus productifs (87% contre 29%),

• et plus engagés dans leur emploi (87% contre 27%).

L'implication fait des miracles

Augmenter la motivation des travailleurs et les fidéliser davantage passe par l'implication affective.

• L'étude révèle que les travailleurs performants éprouvent un niveau élevé d'implication affective (70%),

• et ne se sentent clairement pas prisonniers d'une cage dorée (78%),

• leur motivation est forte, ils s'identifient aux valeurs et normes de l'entreprise et s'y sentent bien.

Pourtant, il manque encore un lien émotionnel fort avec leur entreprise. Ainsi, 70% des travailleurs nouvellement embauchés déclarent que la hiérarchie ne passe pas de temps avec eux et 16% estiment être abandonnés à leur sort. Les employeurs ne font pas assez d'efforts pour s'impliquer auprès des nouvelles recrues (37%) ni dans l'organisation de formations (23%).

«Les travailleurs doivent se sentir soutenus par l'entreprise, ou au moins avoir cette perception», affirme Anja Van den Broeck. «Leurs valeurs doivent être en concordance avec celles de l'employeur et celui-ci doit toujours respecter ses promesses. Enfin, la réputation de la firme et les valeurs intrinsèques, par exemple la création de bonnes relations humaines, jouent aussi un rôle important pour augmenter l'implication affective du personnel envers l'entreprise.»

C'est ce qui ressort d'une enquête menée en ligne auprès d'un échantillon représentatif de 1500 travailleurs et 250 employeurs en Belgique, avec une marge maximale d'erreur de 1,83% auprès des travailleurs et 6,16% auprès des employeurs. L'enquête a été menée au 4e trimestre 2021 par un bureau d'études indépendant pour le compte de Tempo-Team en collaboration avec la professeure Anja Van den Broeck, experte en motivation du travail à la KU Leuven.