Les entrepreneurs en perdent le sommeil

23 mars 2022
Les entrepreneurs en perdent le sommeil

Quatre entrepreneurs sur dix déclarent avoir souffert d’insomnie régulièrement ou de façon presque constante en 2021. Leur activité professionnelle les empêche donc – littéralement – de dormir. Ce constat ressort d’une enquête menée par le groupe de services RH Liantis auprès de 1.504 entrepreneurs belges.

Photo: Cottonbro via Pexels

Les entrepreneurs sont également 52,4% à déclarer être fatigués en permanence ou presque. «Le manque de sommeil a d’immenses répercussions sur la santé. Les entrepreneurs aussi doivent donc y prêter attention», souligne Karel Van den Eynde, expert de Liantis.

Stress, sommeil et fatigue

Fin 2021, le groupe de services RH Liantis a envoyé une enquête à 1.504 entrepreneurs belges. Conclusion? Pas moins de quatre entrepreneurs sur dix déclarent avoir souffert d’insomnie régulièrement ou de façon presque constante en 2021. La cause principale est le stress. Six entrepreneurs sur dix disent en effet être sous pression et être stressés. Cinq sur dix sont très fatigués et se sentent parfois submergés.

À titre principal ou à titre complémentaire

En 2021, la crise du coronavirus a surtout été une source de préoccupations supplémentaires pour les indépendants à titre principal. Au sein de ce groupe, ils sont 44% à avoir souffert d’insomnie en 2021. La proportion est de 37% chez les indépendants à titre complémentaire. «En période de crise, les indépendants à titre complémentaire peuvent compter sur un revenu fixe de salarié, tandis que les indépendants à titre principal dépendent entièrement des revenus de leur activité», confirme Karel Van den Eynde. «Cette situation entraîne évidemment une pression supplémentaire et, par conséquent, des troubles du sommeil.»

Femmes contre hommes

Autre observation étonnante: ce sont majoritairement des femmes qui reconnaissent être en proie au stress et à la fatigue. La moitié des entrepreneuses déclarent rencontrer des difficultés à dormir de façon régulière ou presque permanente. Chez les hommes, la proportion est de 34%. «Nous savons d’expérience que les hommes admettent moins rapidement être fatigués et que l’insomnie est un problème structurel», poursuit Karel Van den Eynde.

«De plus, les femmes doivent souvent mener plusieurs tâches de front: elles s’occupent de leur activité indépendante, des tâches ménagères et des enfants, qui étaient aussi plus souvent à la maison pendant la crise du coronavirus. Lorsque cette surcharge de travail et la fatigue deviennent trop lourdes à gérer, nous constatons que, comparativement aux hommes, les femmes éprouvent un sentiment de culpabilité plus grand vis-à-vis de leur partenaire et de leurs enfants. Ce facteur est aussi une source de stress, qui vient s’ajouter aux autres et renforce les troubles du sommeil. On entre dès lors dans un cercle vicieux.»

L’insomnie doit être prise au sérieux

Selon Karel Van den Eynde, il faut réagir et prendre immédiatement au sérieux les signaux qu’envoie le corps, surtout lorsque le stress et l’insomnie deviennent un problème structurel. «Le manque de sommeil a d’immenses répercussions sur la santé. N’hésitez donc pas à en discuter avec votre médecin généraliste, un coach ou une personne de confiance. Vous pourrez partager vos préoccupations et chercher des solutions. Les entrepreneurs doivent se rendre compte que l’insomnie n’est pas incluse dans l’entrepreneuriat. Une solution possible consiste à structurer davantage votre journée de travail, en fixant clairement le début et la fin. Ne craignez pas non plus de poser plus clairement vos limites. Être entrepreneur ne signifie pas travailler sans arrêt!»

L’expert insiste sur un point encore plus essentiel: déconnecter. «Beaucoup d’entrepreneurs ont l’impression de devoir rester joignables à tout moment ou pensent qu’ils seraient incapables de déconnecter. Or, il est indispensable par moments de prendre un peu de distance par rapport au travail pour recharger ses batteries.»