Mobilité durable: de louables intentions

16 septembre 2021
Mobilité durable: de louables intentions

En raison des mesures fiscales annoncées pour rendre plus écologiques les voitures de société d'ici 2026, les entreprises placent désormais la mobilité durable en deuxième position dans la liste des thèmes RH les plus importants dans les trois années à venir (après «travailler indépendamment des horaires et du lieu»). Alors qu'il y a quelques années, la mobilité durable avait à peine sa place dans les opérations des entreprises belges, elle devient à présent une priorité.

Voiture électrique

«43% des entreprises déclarent s’atteler au verdissement de leur flotte en privilégiant les voitures électriques», explique Michaël Zahlen, expert en mobilité. «Ce n'est pas surprenant. La règle selon laquelle, d'ici 2026, seules les voitures de société n'émettant pas de gaz à effet de serre seront fiscalement déductibles à 100% produit déjà ses effets. L'interdiction des voitures diesel et essence dans la Région de Bruxelles-Capitale à partir de 2035 joue également un rôle. Les entreprises ont fait le calcul: qu'est-ce que cela leur coûtera, à elles et à leurs collaborateurs qui ont une voiture de société, si elles ne respectent pas les restrictions en matière de gaz à effet de serre? Cela a soudainement fait de la voiture de société électrique une option beaucoup plus attractive.»

L'influence positive du travail hybride

Le passage au travail hybride après une période de télétravail obligatoire a également un effet sur la mobilité. Les personnes qui travaillent partiellement à domicile parcourent moins de kilomètres pour rejoindre leur bureau. Il est donc logique que les nouvelles formes d'organisation du travail aient un impact sur les choix de mobilité.

«Le fait que le trajet vers le bureau ne soit plus nécessaire tous les jours peut orienter le choix vers un autre type de voiture de société», ajoute Michaël Zahlen. «Les travailleurs peuvent aussi préférer consacrer leur budget à un vélo électrique, une trottinette partagée ou aux transports en commun. Les entreprises proposeront après le coronavirus une palette d'options de transport encore plus diversifiée. Ne rien faire en matière de mobilité n'est en tout cas plus une option pour les employeurs.»

Mais le budget mobilité est en panne…

D’après une étude de Securex, seulement 4% des travailleurs belges bénéficient actuellement d’un budget mobilité. Cependant, 25% des travailleurs qui disposent d’une voiture de société se disent prêts à l’échanger contre un budget mobilité et 22% sont également prêts à le faire… sous condition. Cela signifie que près de la moitié des travailleurs belges qui ont une voiture de fonction exprime un intérêt pour le budget mobilité», assure Guillaume Bosmans, HR Research Associate chez Securex. «Pour les employeurs qui sont en train de réfléchir à la mobilité de demain et aux nouveaux systèmes de rémunération, notamment en ce qui concerne le déplacement domicile-travail, il est important de prendre cette observation en compte.»