Motiver sans contrôler

13 avril 2022
Motiver sans contrôler

«La motivation, c'est l'énergie. Sans elle, pas d'action!» C'est par ces mots qu'Hermina Van Coillie a entamé son intervention lors de notre événement HRDesign de la fin mars. La question qu'elle a posée d’entrée de jeu est des plus pertinentes: comment faire pour motiver quelqu'un, y compris quand il doit accomplir des tâches fastidieuses?

La réponse commandée par le bon sens est claire: en lui donnant une récompense. Qu’elle soit sonnante et trébuchante ou verbale. Un compliment par exemple. Mais pour notre experte, les facteurs extrinsèques de motivation fonctionnent mal. Ils se résument souvent à la carotte ou au bâton, à la prime ou à l’amende. «Les facteurs intrinsèques de motivation, comme le plaisir que l’on éprouve au travail, ne sont pas tellement plus performants en tant que tels», ajoute-t-elle.

Pourquoi ce manque d’efficacité de ces deux catégories de facteurs de motivation? D'abord, à cause de la pression qu'ils suscitent. D'un côté, la pression de l'extérieur, celle d’un supérieur par exemple qui veut contrôler que votre travail est conforme aux objectifs. De l'autre côté, la motivation intrinsèque peut provoquer de fortes pressions intérieures: la culpabilité, la honte ou l’angoisse. En réalité, selon Hermina Van Coillie, c’est précisément le niveau de pression que subit le travailleur qui est le meilleur indicateur du risque de burn-out. Pas le nombre d’heures qu'il preste comme on le croit parfois.

Autodétermination

Mais alors, comment se motiver, comment motiver les autres? Avant tout, en supprimant la pression, en refusant le contrôle. Et pour y parvenir, la conférencière préconise le modèle de l'autodétermination conçu par les professeurs Edward Deci et Richard Ryan. Cette méthode est baptisée ABC pour Autonomy, Belongingness, Competence. «L’autonomie, c’est avoir la possibilité de se gouverner soi-même», précise-t-elle. La compétence se définit comme la capacité d’un individu à réaliser une tâche ou à exercer une fonction. «Autrement dit, c'est avoir la possibilité d'être efficace.» Quant au sentiment d’appartenance sociale (Belongingness), il permet à l’individu de se sentir lié à une communauté. «On parle ici de la capacité d’être soi dans son environnement de travail.»

Quand ces trois besoins sont rencontrés, quand on y ajoute les facteurs intrinsèques débarrassés par ce fait même de leur pouvoir de coercition, on peut alors parler de motivation de haute qualité. «Et tout sera en place pour trouver un sens à son travail», conclut Hermina Van Coillie. Sens qui, au fond, reste le facteur de motivation fondamental. ¶

Hermina Van Coillie s'est exprimée lors de notre événement HRDesign qui a eu lieu le 31 mars et le 1er avril à Durbuy.