Pour Essenscia aussi, le télétravail ne disparaîtra pas

27 mai 2020
Texte
Francois Weerts
Pour Essenscia aussi, le télétravail ne disparaîtra pas

Quatre entreprises sur cinq des secteurs de la chimie et de la pharmacie s'apprêtent à appliquer le télétravail de façon plus structurelle après la crise. C'est le résultat d'une enquête menée par Essenscia auprès de 170 compagnies du secteur.

Première constatation, donc: le télétravail a été massivement appliqué pendant la crise du coronavirus, notamment pour suivre des formations en ligne. Les entreprises y voient beaucoup d'effets positifs. Sur la mobilité par exemple (moins d’embouteillages). Mais il faut disposer du cadre nécessaire et bien s'entendre pour éviter les problèmes. Tous les salariés n’ont pas la possibilité de travailler de chez eux ou n'en ont pas envie. Et certaines fonctions ne le permettent pas.

Le télétravail à tour de rôle

Les résultats de l'enquête montrent toute l'importance que revêt la flexibilité. Ainsi, les entreprises travaillent sur un système de télétravail à tour de rôle pour un nombre limité de jours par semaine. On évite ainsi le risque d'isolement social à cause du manque de contacts personnels. Dans le même ordre d'idée, la communication interne doit être renforcée pour préserver le sentiment d'appartenance des télétravailleurs.

Une chose est sûre: la formule des réunions virtuelles emporte une adhésion massive. Près de 9 entreprises interrogées sur 10 affirment qu'elles en organiseront davantage après la crise.

L'hygiène, encore l'hygiène

Des mesures spécifiques au coronavirus (l’hygiène des mains, le maintien à domicile des personnes malades, la désinfection des espaces de travail) ont été adoptées dans un secteur qui disposait déjà d’une forte culture de la protection et de la sécurité. Deux tiers des entreprises indiquent qu’elles continueront d’appliquer la réglementation actuelle à l’avenir et 27% se donnent le temps de les évaluer. Et rares sont les évaluations négatives. À l’avenir, cela pourrait déboucher sur des changements très concrets, comme de nouveaux mécanismes d’ouverture des portes (sans poignée).

Le dialogue social a fonctionné

85% des employeurs estiment que le dialogue social a été positif pendant la crise du coronavirus et seulement 5% émettent un jugement négatif. Raison de cette appréciation positive? Les mandataires internes semblent être conscients de la situation et ils ont pris leurs responsabilités pour la poursuite des activités. De plus, les délégations syndicales connaissent bien leur entreprise et ses spécificités. La concertation sociale dans les entreprises a permis de trouver des solutions flexibles sur mesure.

Koen Laenens, secrétaire général d’Essenscia, conclut que ce sont les personnes qui font la différence, exactement comme dans les soins de santé et dans l'enseignement. «Nous devons donc trouver des solutions adaptées aux hommes et aux femmes qui travaillent dans le secteur. Le télétravail a de nombreux avantages mais il est nécessaire de bien l'encadrer et de veiller au bien-être.»

Yves Verschueren, administrateur délégué d'Essenscia, souligne que le secteur s'est montré flexible et résilient, avec un faible taux de chômage temporaire et un maintien de la production essentielle. «Nous pouvons tirer quelques leçons précieuses de cette crise qui peuvent être utiles à d'autres secteurs. Le moment est sans doute venu de moderniser une législation du travail souvent trop rigide. Les nouvelles manières de travailler s'opposent en effet à des règles sévères, parfois très anciennes.»