Quels sont les critères des meilleures marques d'employeur?

27 mai 2020
Texte
Francois Weerts
Quels sont les critères des meilleures marques d'employeur?

Quand un candidat décide de travailler pour une entreprise, sur quels critères se base-t-il pour effectuer son choix? Pour la majorité, la rémunération reste fondamentale, suivie par l'ambiance de travail, la sécurité d'emploi et l'équilibre entre le travail et la vie privée. C'est ce que révèle l'enquête annuelle de Randstad Research sur la marque d'employeur. Les répondants devaient sélectionner leur top cinq parmi seize critères.

L'édition de 2020 apporte peu de surprises, comme le souligne son auteur, Jan Denys. Le critère «salaire et avantages» arrive en première place et conserve son avance sur l’ambiance de travail et la sécurité d’emploi. Le critère de l’équilibre travail-vie privée se maintient en quatrième place, celui des conditions de travail flexibles en cinquième. Contrairement aux autres années, aucun critère n’opère même un réel progrès ou recul cette année.

Pas de percée pour l'entrepreneuriat durable

L’attention portée à l’environnement et à la société (RSE) ne parvient pas à continuer sur sa lancée de l’an dernier dans le sillage des marches pour le climat initiées par les jeunes. Il consolide malgré tout son avancée.

Pour le reste, tous les critères demeurent à peu près à leur position. Au vu de l’actuel contexte social et économique lié au coronavirus, il est à prévoir que les changements seront plus marqués l’an prochain. Il est notamment probable que le facteur sécurité d’emploi gagnera en importance et que celui du salaire perdra du terrain.

Les critères

• salaires et avantages: 64%

• ambiance de travail: 53%

• sécurité d’emploi: 52%

• équilibre travail-vie privée: 48%

• conditions de travail flexible: 39%

• perspectives d’avenir: 37%

• accessibilité de l’entreprise: 34%

• santé financière: 29%

• contenu du travail: 26%

• formations: 24%

• RSE: 18%

• qualité des produits et services: 16%

• bonne réputation: 15%

• qualité du management: 15%

• diversité: 12%

• nouvelles technologies: 10%

(pourcentage des répondants qui ont intégré le critère concerné dans leur top 5)

Sous-groupes

L'appréciation des différents critères par les sous-groupes diffère peu. Il n'y a ainsi aucune différence par rapport à la sécurité d'emploi ou à la RSE.

Les femmes accordent plus d’importance:

• à l’ambiance de travail,

• à l’équilibre entre travail et vie privée,

• aux conditions de travail flexibles,

• à la localisation de l’entreprise.

Pour ces critères, la différence se confirme et ne semble pas montrer de tendance à s’estomper. Pour l'ambiance de travail, l’écart atteint même 13 points de pourcentage.

Jan Denys constate cependant un changement en matière de salaire et avantages. Il y a quelques années encore, les hommes accordaient davantage d’importance à ce critère que les femmes. Ces dernières années, cette différence avait disparu. Et depuis l’année dernière, les femmes y attachent visiblement plus d’importance encore que les hommes (resp. 61% et 66%). Cet écart se confirme cette année, de sorte que nous pouvons prudemment parler d’une nouvelle tendance. Soyons clairs: les hommes aussi placent ce critère nettement en tête, mais de façon un peu moins prononcée que les femmes.

Les hommes accordent plus de poids que leurs homologues féminines:

• à la santé financière de l’entreprise,

• à l’utilisation des nouvelles technologies,

• aux possibilités de formation,

• au contenu de la fonction,

• à la réputation de l’entreprise.

En matière de sécurité d’emploi, nous n’observons quasiment aucune différence. Même constat pour la RSE.

Les travailleurs diplômés de l’enseignement supérieur attachent une plus grande importance au contenu de la fonction et aux conditions de travail flexibles. Les travailleurs disposant tout au plus d’un diplôme de l’enseignement secondaire sont plus sensibles à la sécurité d’emploi. Pour tous les autres critères, les différences sont particulièrement ténues.

Les plus âgés: la sécurité de l'emploi

C’est entre les diverses tranches d’âge que les différences relatives sont les plus marquées. L’importance accordée au salaire et à la sécurité d’emploi augmente en importance à mesure que l’âge avance. La tendance inverse s’observe pour le critère de l’ambiance de travail, dont l’importance s’atténue avec l’âge. Mais ni l’augmentation des critères salaire et sécurité d’emploi, ni la baisse du critère ambiance de travail n’ont grand effet sur le classement des critères concernés.

Les jeunes: l'ambiance de travail

Les jeunes aussi placent le critère salaire et avantages en haut du classement, mais dans cette tranche d’âge, ce critère doit partager la première place avec l’ambiance de travail. Chez les plus de 55 ans, l’ambiance de travail se maintient en troisième place. Comme l’an dernier, un jeune sur quatre inscrit le souci de l’environnement et de la société (RSE) dans le top 5 des principaux critères. Le score historiquement élevé de l’an dernier se voit ainsi confirmé.

Équilibre travail-vie privée

«Nous remarquons une fois de plus que les jeunes n’attachent pas plus d’importance que la moyenne à l’équilibre travail-vie privée (comme expression d’une tendance sociale)», note encore l'étude de Randstad. «C’est l’inverse. Comme chaque année, ce critère affiche le score le plus faible chez les moins de 25 ans et le plus élevé chez les 35- 54 ans. Il ne reperd du poids qu'après l’âge de 55 ans.»

C’est évidemment chez les moins de 25 ans que les perspectives d’avenir ont le plus la cote, avant de perdre en importance (surtout après 35 ans). Les conditions de travail flexibles et la localisation de l’entreprise suivent le même schéma que l’équilibre travail-vie privée. Fait intéressant: l’accessibilité de l’entreprise ne baisse pas en importance après 55 ans. Nous avons déjà souligné l’importance accrue de la RSE chez les jeunes. On observe le même phénomène pour la diversité.

Source: Randstad Employer Brand Research 2020