Randstad RiseSmart: prêt(e) pour une formation?

19 octobre 2021
Randstad RiseSmart: prêt(e) pour une formation?

L’efficacité des formations reste très faible. Comment expliquer que les salariés n'assimilent pas les connaissances qu'ils devraient acquérir? Notamment parce qu'ils n'y sont pas prêts mentalement. Randstad RiseSmart déploie un outil numérique qui permet de mieux planifier les formations en fonction de l'état de préparation des participants.

Texte: Peter Ooms / Photo: Wouter Van Vaerenbergh

Si les collaborateurs n’ont pas le bon état d’esprit, s’ils ne sont pas prêts à absorber de nouvelles connaissances et qu'ils ont l’impression de ne pas avoir l’énergie nécessaire pour le faire, la formation est vouée à l’échec. Randstad RiseSmart propose désormais une analyse – Growth Mindset Manager – basée sur des jeux simples sur PC ou smartphone. Les participants peuvent refaire le test autant de fois qu’ils le souhaitent. En fonction de sa vitesse de réaction et des erreurs commises, chaque salarié reçoit un score. Ce score détermine s’il est prêt ou non à suivre une formation.

L’état d’esprit est décisif

La technologie qui sous-tend cette analyse a été développée par Stijn Quanten. Il guide les organisations dans les trajets de développement et s’est forgé une réputation grâce à sa collaboration avec des clubs de football tels que l’AC Milan et le RC Genk. «Les entreprises élaborent des plans de développement et y injectent des connaissances, des outils et d’autres belles idées, mais elles négligent une chose importante: qui suivra quelle formation et quand? Nous avons constaté que l’état d’esprit du participant constitue le facteur décisif dans le processus de traitement, de stockage et d’utilisation de ces informations. Nous analysons ce critère qui peut d'ailleurs évoluer dans le temps. Grâce à notre outil, les organisations peuvent adapter leurs plans de formation selon le degré de préparation individuelle de leurs collaborateurs. Cela permet de faire la distinction entre ceux qui sont prêts et ceux qui ont intérêt à commencer plus tard.»

«J’ai moi-même vécu cette situation et je suis sûre que c’est le cas de nombreuses autres personnes», explique Bernadette Laermans consultante en carrière et coach en énergie chez Randstad RiseSmart. «Il m'est arrivé que l’on me propose un programme d’apprentissage idéal, mais au bout d’un mois, je ne m'y retrouvais plus. Je n’étais tout simplement pas prête pour cette formation, même si je l’attendais avec impatience. Plus tard, lors d’une nouvelle session, tout s’est déroulé à merveille.»

«Proposer de nouvelles connaissances ne suffit pas pour que le collaborateur les maîtrise et les applique dans une situation concrète. En ce sens, l’attitude de l’entreprise vis-à-vis du processus d’apprentissage est également importante», précise Stijn Quanten.

«Dans un environnement d’apprentissage moderne basé sur le blended learning (formation mixte), ce changement d'approche ne doit pas poser de problème», souligne Pascale Van Houte, coach. «Les salariés suivent déjà les programmes individuellement lorsqu’ils sont prêts. Les sessions conjointes et les ateliers interactifs devront toutefois être planifiés à d’autres moments.»

Une inefficacité proverbiale

Les interlocuteurs de Randstad RiseSmart se réfèrent à des chiffres américains sur l’efficacité des formations. Rien qu’aux États-Unis, 359 milliards de dollars sont dépensés chaque année dans la formation. Or, on ne constate une amélioration des performances que dans un cas sur quatre. Une fois sur huit seulement, le collaborateur acquiert une nouvelle compétence. L’efficacité des formations laisse donc complètement à désirer. «Pour les coachs, il s’agit d’un signal d’alarme. Nous sommes déterminés à apporter une partie de la solution à ce problème», déclare Stijn Quanten.

Il fait référence à la théorie du mindset formulée par Carol Dweck. Sur cette base, il a développé un outil qui permet d’analyser rapidement le degré de préparation d’un collaborateur à suivre une formation. «Ensemble, nous cartographions l’état d’esprit d’une personne», explique Stijn Quanten. «C’est important dans la première phase de l’apprentissage: l’encodage de nouvelles connaissances. Cela ne fonctionnera pas si vous n’êtes pas ouvert à de nouvelles compétences. J’interprète la théorie du fixed et du growth mindset (état d’esprit figé ou évolutif) comme un continuum et non comme un système binaire. Les gens sont parfois figés et ne sont donc pas prêts à recevoir de nouvelles connaissances, alors qu’à d’autres moments ils le sont et dans une mesure plus ou moins importante.»

Individus et groupes

Stijn Quanten et son équipe se chargent de l’analyse, tandis que Randstad RiseSmart collabore avec l’organisation pour traiter toutes ces données et les traduire en plannings de formations. Pour ce faire, elle utilise non seulement les scores individuels des collaborateurs, mais aussi les tableaux de bord des groupes ou des départements.

Bernadette Laermans: «Pour les entreprises, c’est très intéressant. Elles veulent savoir pourquoi le département financier peut déjà entamer une formation, mais pas encore les collaborateurs du marketing. Il importe que la direction comprenne ce qui se passe dans les différents services. L’arrivée d’un nouveau manager ou des tensions internes, par exemple, peuvent déséquilibrer l’équipe, qui ne sera pas prête pour la formation. Il faut d’abord rétablir l’équilibre et seulement ensuite penser aux formations.»

«Je crois aussi en un petit test de 15 minutes que nous répétons régulièrement, car cela nous permet de suivre les évolutions et d’orienter les formations en conséquence», continue Stijn Quanten. «Ces données fournissent une aide précieuse aux DRH. Ils sont ainsi en mesure d’aider leur organisation à mieux avancer et sont également plus visibles pour le reste du comité exécutif. Cela leur permet également de disposer d’un tableau de bord qui détaille le retour sur investissement des formations.»

Il souligne que les collaborateurs reçoivent eux aussi un rapport. Cela montre l’ouverture de l’organisation et fait porter une partie de la responsabilité sur le salarié. ¶

ID

Pascale Van Houte, coach certifiée de Randstad Risesmart

Stijn Quanten, Othor BV (Online Tools for Human Organizations)

Bernadette Laermans, conseillère en carrière et coach en énergie de Randstad Risesmart