Semaine de 4 jours: accueil très mitigé

21 novembre 2022
Texte
Francois Weerts

La semaine de quatre jours à temps plein applicable depuis le 21 novembre: un système impossible à appliquer d’après un employeur sur quatre. Seule la moitié des employeurs pense que le système aura un impact positif sur le bien-être des travailleurs.

Depuis le 21 novembre, la semaine de travail de quatre jours à temps plein est entrée officiellement en vigueur en Belgique. Une récente enquête de Securex auprès de 1.340 employeurs en Belgique montre que ceux-ci jugent peu probable l'application générale de la semaine de quatre jours à temps plein.

• Selon un employeur belge sur quatre (25,7%), l'application générale de la semaine de quatre jours est impossible au sein de son entreprise.

• En Wallonie, 30,5% des employeurs considèrent que le système est impossible à appliquer.

• La Flandre est plus nuancée car, selon près de 8 employeurs flamands sur 10, il serait difficile, voire impossible, de la mettre en place.

• Pour les petites entreprises comptant jusqu'à 9 travailleurs, ce chiffre s'élève à plus d'un sur trois (34,4%).

• Si l'on compare les secteurs, ce sont principalement les entreprises opérant dans les secteurs de la manufacture, de l’horeca ou du commerce de détail qui considèrent qu'il est impossible de mettre cela en place, avec un chiffre de 29,1% contre 23,9% dans les autres secteurs.

Les employeurs s'attendent à peu de demandes

Les employeurs ont manifestement du mal à évaluer ce à quoi ils doivent s'attendre. En effet, 3 sur 10 (30,7%) affirment ne pas savoir dans quelle mesure leurs travailleurs introduiront une demande de semaine de quatre jours à temps plein. De nombreux employeurs ne s'attendent pas à une vague de demandes. Par exemple, 46,1% d’entre eux pensent que seuls 10% de leurs travailleurs introduiront effectivement une demande. 13% des employeurs ne refuseraient pas par la suite les demandes de semaine de quatre jours à temps plein.

Des avis partagés sur l'impact

Les avis sont clairement partagés quant à l'impact que ce système aura sur ceux qui y adhéreront. La moitié des employeurs pensent que ce nouveau régime de travail aura un impact positif sur le bien-être des travailleurs en question, tandis que 23,3% d’entre eux estiment que l'impact sur le bien-être sera négatif. Les avis sur les conséquences d'une semaine de quatre jours de travail à temps plein sur la productivité des travailleurs qui recourent à ce système sont encore plus partagés. 31,6% des employeurs pensent qu'il y aura un impact positif sur la productivité des travailleurs, mais 35,7% s'attendent à un impact négatif.

«Dans une récente enquête de notre université auprès des travailleurs flamands, 37% des travailleurs à temps plein ont déclaré qu'ils se voyaient recourir à la semaine de quatre jours», affirme Stijn Baert, professeur en économie du travail de l'université de Gand. «Ils y voient un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée, davantage de contacts avec les proches ainsi qu’une meilleure relaxation. Le fait que les employeurs s'attendent à peu de demandes de la part des travailleurs risque de les décevoir. En outre, certaines études prévoient des problèmes de concentration et de fatigue.»

Jacqueline Jost, conseillère en prévention pour le bien-être psychosocial chez Securex, met en garde contre les pièges potentiels. «Ce n'est pas une solution pour les travailleurs qui ne se sentent déjà pas bien dans leur travail», dit-elle. «Le problème ne sera alors reporté que sur quatre longues journées supplémentaires, qui nécessiteront probablement encore plus de temps de récupération. L'impact des longues journées de travail sur le cerveau et le corps ne doit pas être sous-estimé, tant chez les ouvriers que chez les employés.»

À propos de l’étude

Cette étude a été menée par Securex auprès de 1.340 employeurs en Belgique. L'enquête s'est déroulée du 4 au 25 octobre 2022.