Seule une entreprise sur trois connaît ses compétences internes

15 juillet 2021
Seule une entreprise sur trois connaît ses compétences internes

Le coronavirus a eu un impact énorme sur nos manières de travailler. Pourtant, nous avons généralement réussi à nous adapter à ces circonstances compliquées. Cette capacité d'adaptation s'avérera cruciale sur le marché du travail dans les années à venir. Il s'agira en effet de préparer le personnel aux nouveaux besoins des entreprises et aux compétences associées. Le recyclage et la reconversion professionnels constitueront l'investissement prioritaire de la majorité des entreprises. C'est ce qui ressort du rapport annuel Global Talent Trends de Mercer.

Travail hybride. Estompement de la frontière entre travail et vie privée. Automatisation et nouvelles technologies. Besoins changeants du marché. Perspectives incertaines. Ce ne sont là que quelques facteurs qui expliquent que la reconversion est devenue plus que jamais une nécessité.

C'est encore plus clair quand on voit comment la vision des travailleurs et des responsables RH diffère à propos des compétences qui seront nécessaires d'ici 2025. Pour les travailleurs, l'innovation, un état d'esprit ouvert et le leadership numérique seront essentiels, tandis que les RH privilégient surtout la flexibilité lors des processus de transformation, le design thinking et l'entrepreneuriat. Alors que l'accent a été mis pendant des années sur les compétences numériques, les compétences douces semblent être devenues indispensables.

L'inventaire des talents est une priorité

Les entreprises misent massivement sur l'amélioration de leur agilité afin de relever les défis que génèrent les nouvelles manières de travailler. Pour une entreprise sur trois, ce ne sera possible qu'avec des équipes flexibles, mises sur pied pour atteindre des objectifs spécifiques, et des travailleurs souples. Question: comment développer au mieux un personnel adaptable? Seulement 15% des entreprises dirigent leurs efforts de reconversion sur les groupes qui présentent le plus grand risque de rester sur la touche. Il faut donc en faire plus pour garantir une mobilité interne productive.

Dans cette perspective, il faut savoir quels talents sont présents dans l'organisation et qui occupe quel poste. Pourtant, les entreprises ne sont que 34% à rassembler les informations nécessaires sur les compétences actuelles de leur personnel. La moitié (53%) des organisations ont l'intention d'identifier les nouvelles aptitudes nécessaires pour l'après-covid. Et seules 14% envisagent de développer une taxonomie des compétences en 2021. En d'autres termes, il reste beaucoup de gains à réaliser dans la plupart des entreprises au niveau de l'inventaire des compétences présentes et de leur adéquation aux besoins futurs.

Comment trouver les compétences manquantes?

Généralement, pour combler une pénurie de compétences, la GRH opte encore aujourd'hui pour:

• le recrutement externe (60%),

• le partage des connaissances en interne (57%)

• l'utilisation de technologies pour automatiser totalement ou partiellement certaines fonctions (54%).

44% des entreprises ont facilité le partage des talents en interne en 2020 et 26% ont l'intention de le faire en 2021.

Reconversion: encadrement nécessaire

Le rapport Global Talent Trends de Mercer révèle que les travailleurs considèrent la reconversion une étape cruciale pour préserver leur employabilité. La pandémie les a fait réfléchir à leur propre valeur sur le marché. Afin de mieux s'épanouir, ils comptent sur une (plus grande) reconnaissance de leur apport et ils voient des possibilités d'apprendre de nouvelles compétences et technologies (respectivement 43% et 42%).

En outre, 63% des travailleurs disent espérer que leur entreprise investit dans leurs compétences, et 55% qu'elle leur apprendra les nouvelles compétences dont ils auront besoin si leur fonction change ou disparaît.

78% des travailleurs ont déclaré en 2020 être prêts à se recycler, mais 87% se sont sentis freinés. La cause principale était le manque de temps (38%), suivi de l'envie de consacrer son temps libre à autre chose (35%). Bonne nouvelle: 20% des entreprises envisagent de récompenser l'apprentissage de compétences par les travailleurs en 2021.

Cette reconversion ne sera pas évidente. Un quart des travailleurs affirment que les cours ou les formations de courte durée ne les aident pas à acquérir de nouvelles compétences, l'apprentissage par l'expérience restera donc essentiel.