Travail hybride: employeurs et salariés sur la même ligne?

16 septembre 2021
Travail hybride: employeurs et salariés sur la même ligne?

Le travail hybride est en plein essor. Mais jusqu’où les organisations sont-elles prêtes à aller? Et surtout, que veulent réellement les travailleurs? Pour répondre à ces questions, IDEWE a interrogé 1.299 décideurs et travailleurs, essentiellement des employés compte tenu du sujet de l’étude.

Plus de bien-être

L’étude montre que les travailleurs pour lesquels l’organisation du travail est essentiellement hybride ont un risque plus faible de burn-out et éprouvent plus de plaisir à travailler.

• Parmi les personnes qui ne bénéficient pas ou peu d’une organisation flexible du travail, 7% présentent un risque accru de burn-out et 78% éprouvent du plaisir à travailler.

• Ceux qui bénéficient d’un aménagement du travail hybride obtiennent des résultats nettement meilleurs: seulement 2% présentent un risque accru de burn-out et pas moins de 84% éprouvent du plaisir à travailler.

Limites

L’étude montre que le concept de base du travail hybride est déjà répandu. Plus de 70% des travailleurs belges interrogés déclarent utiliser les technologies de l’information pour qu'ils puissent effectuer leur travail à distance. Toutefois, la situation n'est pas aussi tranchée. Ainsi, seuls 34% d’entre eux décident eux-mêmes où et quand ils travaillent, seuls 30% basent leur travail sur leur activité (ce qui signifie que leur activité détermine l'endroit où ils travaillent) et seuls 32% appliquent le système de flex desk.

Désaccords

Bien que les chiffres des décideurs et employeurs indiquent en grande partie la même tendance, certaines différences sautent aux yeux. Les employeurs sont plus enclins à l’introduction du flex desks que les travailleurs (49% contre 36%) et au travail basé sur l’activité (87% contre 78%). L’inverse est vrai pour un système dans lequel les travailleurs décident eux-mêmes où et quand ils travaillent (73% contre 85%).

Prudence

«Le travail hybride est véritablement en plein essor», souligne Lode Godderis, CEO d’IDEWE. «La différence de volonté sur un certain nombre de questions est surprenante, ce qui montre que les employeurs doivent être plus prudents par rapport aux souhaits supposés des travailleurs. Les entreprises qui prévoient par exemple de passer à un système de flex desk sans consulter l’ensemble de l’équipe devraient y réfléchir à deux fois. De surcroît, le faible nombre de personnes qui effectuent un travail basé sur l’activité est également un point d’attention. Le terme hybride couvre bien plus que les données de localisation pures: il est important que nous réfléchissions aussi à ce que nous y faisons, de quelle manière et avec quelle infrastructure.»

IDEWE, le service externe pour la prévention et la protection au travail, a mené une enquête entre le 14 et 21 juin 2021 auprès de 1 299 travailleurs et décideurs. Compte tenu du sujet de l’étude, les participants ne constituent pas un échantillon représentatif de l’ensemble du marché du travail belge.