Un travailleur sur sept a été confronté au harcèlement en 2021

29 mars 2022
Un travailleur sur sept a été confronté au harcèlement en 2021

En réponse à une enquête menée par le service externe de prévention Liantis, 14,2% des 7.513 travailleurs interrogés ont déclaré avoir été confrontés à des situations de harcèlement de la part de collègues ou de supérieurs en 2021.

Photo: Yan Krukov (Pexels)

Ce taux est plus ou moins identique à celui de 2020 (14,6%). «Les comportements inacceptables ou le harcèlement ne peuvent être tolérés», souligne Clélia Kestemont, conseillère en prévention pour les aspects psychosociaux chez Liantis. «Le chiffre de 14,2% peut sembler faible, mais nous devons viser une tolérance zéro. Les répercussions du harcèlement affectent en effet bien plus que le collaborateur qui y est confronté. Le harcèlement peut instaurer une mauvaise ambiance, de la méfiance, de l'insécurité et peut même entraîner une hausse de l'absentéisme et des départs... C'est pourquoi il est important de prendre des mesures préventives.»

Hommes et femmes

De manière frappante, les hommes sont plus nombreux à déclarer avoir été victimes de harcèlement au travail au cours de l'année écoulée (17,9%) que les femmes (11,29%). «Il est difficile de donner une raison concrète à ce phénomène», déclare Clélia Kestemont. «Nous allons donc examiner plus en détail pourquoi les hommes signalent ce problème plus souvent que les femmes.»

Supérieurs et salariés

Ces dernières années, une différence a toujours pu être observée entre les supérieurs et les salariés lorsqu'il s'agit de dénoncer le harcèlement au travail. Par le passé, par exemple, les supérieurs hiérarchiques ont déclaré qu'ils étaient personnellement moins souvent confrontés au harcèlement au travail. Un changement est observé pour la première fois en 2021, année où les deux groupes sont touchés dans une même mesure par le harcèlement. «Les années à venir montreront si cette tendance se confirme», continue Clélia Kestemont. «Si c'est le cas, nous devons voir de quelle manière nous pouvons aider au mieux les employeurs à y faire face.»

Que faire en cas de harcèlement?

Vous observez des comportements abusifs vous faisant penser à du harcèlement au travail? Il n'est pas toujours facile de savoir exactement quoi faire. Clélia Kestemont donne cinq conseils.

1. «Vous avez l’impression qu’un collaborateur a un comportement inadapté? Interpellez-le. Il constatera ainsi que son comportement n’est pas sans effet. Les conséquences que subit le collègue harcelé peuvent en effet être limitées si le harcèlement est identifié, traité et résolu rapidement. Plus le comportement se prolonge, plus la relation se détériore et plus il sera difficile de trouver une solution.»

2. «Apportez votre soutien au collègue qui se sent harcelé. Un soutien peut être proposé de différentes manières mais il commence souvent par une écoute attentive. Montrez au collègue harcelé que vous prenez son problème au sérieux et faites preuve de compassion, tout en essayant d’adopter une attitude neutre. Chaque récit a en effet deux facettes.»

3. «N’acceptez jamais le harcèlement, peu importe qui en est la victime. Ne vous cantonnez pas dans le rôle de spectateur. Ne rien faire, cela revient à indirectement cautionner le comportement inadéquat. Le harcèlement peut être perçu comme la maladie de la solitude. Donnez du support et une écoute empathique à votre collègue ou à votre proche et en cas de besoin, aidez-le à aller chercher du support complémentaire.»

4. «Soyez conscient de votre propre comportement et de l'impact que vous pouvez produire. Les comportements abusifs peuvent être soutenus, voire encouragés par des collègues qui ont peur d’être harcelés à leur tour, ou qui sont poussés par le groupe à participer au harcèlement.»

5. «Conseillez à la personne qui se sent harcelée d’aborder le problème et de demander de l’aide. Par exemple, elle peut s'adresser à son supérieur direct. Si le collègue estime que ce n’est pas une solution, d'autres possibilités s’offrent à lui: il peut en parler au service des ressources humaines, à d'autres supérieurs, à un représentant des travailleurs, à une personne de confiance s'il en existe une au sein de l'organisation, ou à un expert du service externe pour la prévention.»