Un Wallon sur trois télétravaillera après la crise

8 juillet 2020
Texte
Francois Weerts
Un Wallon sur trois télétravaillera après la crise

Alors qu’avant la crise, il n’y avait qu’un travailleur sur quatre qui profitait des avantages du télétravail, c’est un fameux changement qui s’opère, comme le démontre une enquête de SD Worx et de l’UWE.

La crise a convaincu bon nombre d’employeurs de l’efficacité du télétravail rendu obligatoire par le gouvernement et a mis en évidence les points d’attention et les critères de réussite de la formule. C’est ce que démontre une étude menée en juin 2020 par SD Worx et l’Union wallonne des Entreprises auprès de 222 employeurs, le premier résultat de la nouvelle collaboration entre les deux organisations. Cette enquête avait pour objectif d’analyser l’impact du télétravail sur les entreprises durant la crise et de comparer leurs points de vue par rapport au télétravail «avant» et «après» la crise.

Neuf employeurs sur dix souhaitent continuer à proposer du télétravail

«Après cette période de télétravail forcé, nous constatons qu’il y aura, après la crise, une augmentation forte des possibilités liées au télétravail auprès des entreprises wallonnes», affirme Benoît van Grieken, consultant de SD Worx. «Neuf employeurs sur dix comptent en effet continuer à offrir à leurs collaborateurs la possibilité de faire du télétravail. C’est une augmentation significative car ils n’étaient que 50% avant la crise. Le recours effectif au télétravail marque également une belle progression au sein des entreprises: nous passons de 33% à 43% des travailleurs en Wallonie qui devraient continuer à travailler depuis leur domicile. Les chiffres sont plus élevés dans le secteur des services et dans les PME de moins de 50 travailleurs: environ six collaborateurs sur dix font du télétravail. Deux employeurs sur cinq souhaitent inciter davantage de collaborateurs au télétravail.»

Pour Olivier de Wasseige, administrateur délégué de l’Union wallonne des Entreprises, c'est une évolution majeure. «L’étude démontre que si les salariés sont demandeurs, les employeurs en voient aussi les bénéfices. Selon 92% des entreprises wallonnes interrogées, le télétravail se déroule aussi bien, voire mieux que prévu.»

Près d’un tiers du personnel sera concerné

Une personne sur trois travaillera de manière structurelle depuis son domicile après la crise. La majorité s’adonnera à 1 à 2 jours de télétravail par semaine. La fréquence hebdomadaire du télétravail augmente ainsi légèrement par rapport à la période avant la crise. La possibilité de recourir au télétravail (accordée par plus de trois quarts des entreprises) réside principalement dans la nature du travail. C’est en fait la nature du travail qui détermine en majorité quels collaborateurs seront admissibles ou non au télétravail.

«Le télétravail structurel demande l’adoption d’une politique formelle et écrite, avec entre autres une indication claire sur la fréquence du recours au télétravail», précise Benoît van Grieken. «On constate que de six à sept employeurs sur dix n’ont pas encore de politique formelle et écrite en matière de télétravail et qu’il existe de plus ou moins grandes disparités en fonction de la taille des sociétés.»

Points d’attention et critères de réussite

Comme le souligne Olivier de Wasseige, l’enquête a mis en évidence la nécessité de mettre en place une infrastructure IT adaptée. «Il faut aussi préparer les collaborateurs et les dirigeants à cette évolution dans l’organisation du travail en privilégiant le management par objectifs. Une fois ces balises mises en place, le télétravail peut devenir un facteur de bien-être, de motivation et d’autonomie. Nous constatons que les employeurs souhaitent également par ce biais réduire le stress lié aux embouteillages et jouer un rôle pour une meilleure mobilité dans notre pays.»