Texte
Christine Huyge
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Wouter van vaerenbergh

Parler avec les gens, pas dans leur dos

1 décembre 2019

Il y a près de deux ans, j'ai changé radicalement le cours de ma carrière. Pendant vingt ans, j'ai travaillé comme journaliste dans le secteur des médias. Quand j'ai franchi le cap de la quarantaine, les doutes ont commencé à m'assaillir. La pression au travail ne cessait d'augmenter. Sur le fond aussi, je ne trouvais plus mon compte. Pourquoi les événements négatifs font-ils toujours la une des journaux? J'avais l'impression que nous étions à côté de la plaque.

Ce genre de conflit de valeurs, je ne le connais pas ici. La vision de Boss Paints sur la collaboration est la bonne. L'une des premières actions de notre équipe RH a été de supprimer le processus d'évaluation existant. Nous travaillons désormais en utilisant le feed-back continu. Parler avec les gens, ne pas parler sur leur dos: c'est l'essentiel. Dire ce que vous avez à dire, à celui à qui vous devez le dire, au moment opportun. Cette ouverture d'esprit paraît élémentaire, mais dans la réalité, elle est particulièrement difficile à adopter. Il ne suffit pas d'adapter les systèmes et les procédures. Il s'agit de mettre en place une culture de la confiance.

La volonté d'éviter les conflits est l'un des écueils. Nous avons tellement envie d'être aimables les uns envers les autres… Nous couvrons souvent les situations tordues avec le manteau de la gentillesse. C'est précisément cette attitude qui, au bout du voyage, quand un conflit déraille, a des conséquences implacables.

J'ai un diplôme de médiateur. Dans mon travail de journaliste, je voulais apprendre à poser des questions plus liantes. Chez Boss Paints, j'utilise ces connaissances pour accompagner des collègues dans l'exécution d'entretiens difficiles. Ici, la concertation est une seconde nature.

Nous avons la chance d'avoir la Leie qui coule à quelques centaines de mètres de notre entreprise, un magnifique endroit de promenade. Les jours où je parviens à préserver mon équilibre sont les plus productifs. La nature est une bénédiction. De plus, c'est là que je trouve de nouvelles idées. «Ne laisse pas ta famille et ton travail monopoliser tout ton temps, gardes-en un tiers pour toi.» C'est ce que mon père disait… J'essaie de respecter ce conseil avisé, même si ce n'est pas toujours facile.

Je ne suis pas quelqu'un qui s'inquiète facilement. Mais la crise climatique m'effraie. J'ai changé mes habitudes en matière de transport, mais est-ce suffisant? Ce thème préoccupe surtout mes enfants, âgés de dix et treize ans. Il est plus vivant chez eux que dans notre entreprise. Je me sens coupable parce que je suis incapable de leur dire qu'ils ne doivent pas avoir peur. Cela aiderait beaucoup la planète si nous, les adultes, étions plus angoissés envers ce qui risque de nous arriver.

ID

Gwen Declerck

Fonction: DRH de Boss Paints