Et si l'absentéisme de longue durée stagnait?

Et si l'absentéisme de longue durée stagnait?

3 mai 2019

En 2018, il se peut que l’absentéisme ait atteint un point de basculement en Belgique. Pour la première fois depuis dix ans, le nombre d’absents de longue durée (absents pendant plus d’un an) reste quasiment le même que l’année précédente. Le pronostic de Securex à propos d’une augmentation moins forte que les années précédentes s’est vérifié. Depuis mai 2018, l’augmentation mensuelle n’était plus significative, et au cours des trois derniers mois de 2018, elle était même inexistante.

En revanche, en 2018, les travailleurs belges se sont plus souvent portés malades pour une courte période qu’en 2017. Ceci a entraîné une progression de 5 % du pourcentage de maladie de courte durée. Il y a 13 ans que ce pourcentage n’avait plus augmenté dans cette proportion en l’espace d’un an. L’augmentation du pourcentage de maladie total est donc entièrement imputable à l’augmentation du nombre d’absences de courte durée.

7 travailleurs sur 100 absents

Sur une journée de travail moyenne en 2018, 7 travailleurs sur 100 étaient absents pour cause de maladie ou d’accident de la vie privée. Parmi ceux-ci, un peu plus de deux travailleurs ont été absents pendant moins d’un mois, deux entre un mois et un an et près de trois pendant plus d’un an. En 2018, la croissance quasi continue de l’absentéisme total s’est poursuivie dans le secteur privé belge. C’est déjà le cas depuis 2001. Le pourcentage de maladie total pour les entreprises jusqu’à 1000 travailleurs a évolué de 6,89 % en 2017 vers 7,07 % en 2018.

Tassement des absences de longue durée

Pour la première fois en dix ans, l’évolution du nombre d’absents de longue durée n’est pas significative. Le pourcentage de maladie « de longue durée » (plus d’un an) et le pourcentage de maladie « de moyenne durée » (d’un mois à un an) sont restés pour ainsi dire au même niveau en 2018 qu’en 2017.

Le ralentissement du vieillissement, la conscience croissante de l’importance de la santé mentale et le succès possible de la loi sur la réintégration tempèrent l’absentéisme de moyenne et de longue durée.

«En 2018, les médecins-contrôleurs de Securex ont enregistré 6,3 % d’absents en moins pour des problèmes psychiques que l’année auparavant», affirme Heidi Verlinden, HR Research Expert de Securex. «Les travailleurs de notre pays ont également subi sensiblement moins de pression au travail, moins de travail émotionnellement exigeant, moins de pression liée aux déplacements domicile-lieu de travail et de stress privé. C’est un signal très positif, même si nous ne supposons pas pour autant que cela annonce déjà la fin de l’épidémie de burn-out.»

Effet statistique?

L’évolution du nombre d’absences de longue durée semble liée à la loi sur la réintégration entrée en vigueur fin 2016. Securex constate une baisse de la croissance mensuelle durant l’année 2016 qui a précédé immédiatement l’entrée en vigueur de la loi, suivie par une croissance mensuelle stable durant la première année (2017) et une croissance mensuelle en baisse au cours de la deuxième année (2018). «Cela pourrait indiquer que des employeurs ont encore réintégré un certain nombre de travailleurs de manière informelle ou en ont licencié d’autres pour raisons médicales en 2016», précise Heidi Verlinden. «Dans ce cas, le travailleur disparaît des statistiques d’absentéisme, ce qui peut expliquer la baisse de la croissance. Les premiers trajets de réintégration ont débuté en 2017, mais leur résultat n’est souvent perceptible dans les chiffres qu’un an plus tard. En 2018, la réintégration a réellement commencé, avec de surcroît un élargissement du spectre à tous les absents de longue durée.»

Et si l'absentéisme de longue durée stagnait?